Ma manière de voyager est en constante évolution. Cette méthode est le résultat de plus de dix ans de déplacements en tous genres, certains plus heureux que d'autres. Elle m'a surtout appris qu'un bon bagage n'est pas celui qui contient le plus de choses, mais celui qui simplifie réellement le voyage.
Mise à jour en juillet 2026 : quand j'ai publié cet article, le sac à dos cabine était devenu ma réponse presque systématique. Depuis, mes voyages avec davantage de matériel et l'arrivée de la Peak Design Roller Pro m'ont rendu moins catégorique. La méthode reste valable, mais je choisis désormais entre un sac unique et une valise accompagnée d'un sac plus petit selon le déplacement.
Voyager en bagage cabine
À partir de 2018, le sac à dos au format cabine est devenu mon choix par défaut, quelle que soit la durée du voyage. Les raisons sont assez simples :
- je garde avec moi mes affaires importantes et mon matériel fragile ;
- je me déplace plus facilement une fois sur place, surtout lorsque je change régulièrement d'hôtel ;
- la contrainte de volume m'oblige à distinguer ce qui est utile de ce qui est simplement rassurant.
En 2013, lors d'un voyage à San Francisco, la compagnie a perdu ma valise. Mon road trip démarrait 48 heures après mon arrivée et j'ai dû revoir une partie de mes plans et de mes réservations. Tout ça pour un bagage que je n'avais plus avec moi.
Cette mésaventure ne s'est produite qu'une fois, mais elle a changé ma manière de préparer un voyage. Quand l'itinéraire comporte plusieurs villes, des trains, des métros ou des changements d'hôtel, un sac à dos bien préparé est très difficile à battre. Avec un point de chute fixe et beaucoup de matériel photo ou vidéo, une valise et un petit sac peuvent en revanche être nettement plus confortables.
Un bagage cabine n'a pas une taille universelle
Il n'existe pas une dimension ou un poids qui fonctionnerait avec toutes les compagnies et tous les billets. Il faut également distinguer le petit bagage placé sous le siège du bagage cabine plus grand rangé dans le compartiment supérieur. Une réservation peut inclure le premier sans inclure le second.
Le volume annoncé en litres n'est donc pas suffisant. Ce sont les dimensions extérieures du sac une fois chargé, son poids et les conditions du billet qui comptent. Un sac souple peut aussi dépasser ses dimensions théoriques si les poches et le compartiment principal sont remplis au maximum.
La seule règle fiable consiste à vérifier chaque segment directement dans la réservation, puis à mesurer et peser le sac une fois chargé. On m'a rarement demandé de le contrôler, mais cela ne constitue évidemment pas une garantie. La seule fois où l'on m'a demandé de placer un sac dans un gabarit, c'était au retour de Lisbonne avec Ryanair. J'ai détaillé cette distinction entre petit bagage et grand bagage dans mon article sur le bagage cabine gratuit en Europe.
Le choix du sac à dos
Le premier critère reste le confort avec la charge réellement transportée. La qualité des bretelles et du dos, la sangle pectorale, les rappels de charge et éventuellement une ceinture ventrale changent complètement l'expérience. Un sac agréable à vide peut devenir pénible après une heure avec un ordinateur, du matériel photo et plusieurs jours de vêtements.
Je regarde ensuite l'accès au contenu. Une ouverture clamshell permet de préparer le sac comme une valise et d'atteindre une couche rangée au milieu sans tout sortir. Enfin, les fermetures, les tissus, les coutures et la possibilité de réparer le sac comptent davantage que le nombre de petites poches.

Mon choix n'est plus le même pour tous les voyages. Pour partir avec un seul bagage, je privilégie généralement un sac de 35 à 38 litres. Lorsque j'emporte une valise, un modèle de 25 à 28 litres suffit et reste plus agréable au quotidien. Mon Aer Travel Pack 4 Ultra 28 L est devenu un excellent exemple de ce deuxième usage.
Le Haize Project Clamshell 38 reste un sac que je connais particulièrement bien, puisque j'ai participé à sa conception. Je continue à le recommander pour voyager avec un seul sac, tout en le comparant désormais aux modèles Aer et Peak Design que j'ai testés depuis. Mon guide Haize Project regroupe les modèles ainsi que le code LOKAN15.
Si le choix du sac n'est pas encore fait, mon guide des meilleurs sacs à dos compare mes recommandations actuelles selon le voyage, le travail, la ville, le bagage cabine et la photo.
Quelles affaires emporter
Une fois le contenant choisi, il faut résister à l'envie de le remplir. La règle qui m'aide le plus est de préparer une autonomie entre deux lessives, pas une tenue différente pour chaque journée du voyage. Pour trois semaines, je n'emporte donc pas trois fois plus d'affaires que pour une semaine.
Avant de sortir les vêtements, je vérifie quatre éléments : la météo habituelle et les prévisions, les activités réellement prévues, la possibilité de faire une lessive et le matériel indispensable au travail. Tout le reste doit justifier sa place.
Ma base repose généralement sur :
- un pantalon polyvalent, souvent celui que je porte pendant le trajet ;
- un short confortable qui peut aussi servir pour le sport ;
- quelques t-shirts faciles à reporter ou à laver ;
- des sous-vêtements et des chaussettes jusqu'à la prochaine lessive ;
- une couche chaude compacte ;
- une protection contre la pluie si la destination le justifie ;
- une deuxième paire de chaussures uniquement lorsqu'une activité précise l'impose.
Le meilleur vêtement de voyage n'est pas nécessairement le plus technique. C'est celui que je peux porter dans plusieurs contextes, qui reste confortable et qui ne m'oblige pas à transporter une autre pièce pour faire presque la même chose. Le mérinos limite bien les odeurs et gère les variations de température. Certains textiles synthétiques sèchent plus vite et sont plus adaptés au sport. J'utilise les deux selon le voyage.
Mon séjour de trois semaines au Japon m'a rappelé cette règle de manière assez brutale : j'avais transporté des vêtements propres que je n'ai jamais portés. J'ai détaillé ce que j'avais emporté au Japon et ce qui était resté inutilisé. Depuis, je me méfie encore davantage des affaires prises "au cas où".
Les packing cubes changent vraiment l'organisation
Les packing cubes ne réduisent pas le poids et ne créent pas miraculeusement de la place. Ils permettent en revanche de contrôler le volume de chaque catégorie, de séparer le propre du sale et de transférer rapidement le contenu d'un sac vers une valise.
J'utilise toujours les packing cubes Peak Design dans plusieurs formats. Le petit accueille les sous-vêtements et les chaussettes, le plus grand les vêtements, et une pochette séparée reçoit les chaussures ou le linge sale. L'objectif reste de conserver un peu de marge : un bagage qu'il faut compresser de toutes ses forces avant le départ est déjà trop rempli.

Digital nomad : la tech change la préparation
Dans mon cas, il faut ajouter une variable importante. Je ne suis jamais bien loin d'un écran pour écrire un article, traiter des photos ou répondre aux messages. Mon MacBook Pro et mon appareil photo voyagent donc souvent avec moi, sans compter les produits que je dois parfois tester sur place.
Le poids devient alors une contrainte avant même le volume. Ma règle consiste à séparer le matériel nécessaire pour produire du contenu de celui que j'aimerais simplement avoir avec moi. Si un voyage demande plusieurs objectifs, des micros, des accessoires réseau et beaucoup de chargeurs, je préfère aujourd'hui une valise et un sac quotidien plutôt que de transformer un sac unique en enclume.
Une tech pouch prête à être transférée
Je regroupe les câbles, chargeurs, adaptateurs, cartes mémoire et petits accessoires dans une tech pouch. Elle reste organisée au quotidien et je la transfère simplement dans le bagage utilisé pour le voyage. Je la place près de l'ouverture, avec la batterie externe, afin d'accéder rapidement à l'énergie et aux accessoires sans vider tout le sac.

Un mode transit et un mode quotidien
J'organise désormais le même sac de deux manières. En mode transit, il contient tout ce qui doit passer d'un hébergement à l'autre : ordinateur, photo, veste, tech pouch et accessoires. Une fois arrivé, le matériel inutile pour la journée reste au point de chute et le sac passe en mode quotidien.
Cette méthode fonctionne très bien avec un sac de 25 à 28 litres qui garde une bonne forme lorsqu'il est partiellement vide. Avec un grand sac de 35 à 38 litres, je préfère parfois ajouter un petit sac quotidien, à condition que le billet et le mode de transport le permettent.

La vérification utile avant de fermer le sac
- je contrôle les dimensions et le poids autorisés sur le billet de chaque trajet ;
- je vérifie la météo, les activités prévues et la prochaine possibilité de lessive ;
- je charge réellement le sac, puis je le porte quelques minutes ;
- je retire au moins un objet pris uniquement "au cas où" ;
- je garde les documents, la batterie et les objets utiles pendant le trajet facilement accessibles ;
- je laisse de la place pour ne pas transformer chaque départ d'hôtel en partie de Tetris.
Conclusion
J'ai mis du temps à trouver ces automatismes. Aujourd'hui, préparer mes affaires pour une dizaine de jours demande environ un quart d'heure. Tout est suffisamment rodé pour que je n'utilise pas de liste pour ma base habituelle, même si je vérifie toujours les contraintes particulières du trajet et des activités.
Ma règle n'est donc plus "sac à dos ou rien". Je choisis le système qui simplifie réellement le voyage : un seul sac lorsque je bouge beaucoup, une valise et un petit sac lorsque je transporte davantage de matériel et que je garde un point de chute fixe. J'ai comparé les deux approches dans mon article sac à dos ou valise.