Une carte microSD peut afficher la bonne capacité et pourtant ralentir une caméra, un transfert ou une application. Mon séjour à Abu Dhabi l'a montré très concrètement : les cartes d'entrée de gamme utilisées avec une DJI Osmo Action 5 et une Osmo Pocket 3 rendaient les copies longues et imprévisibles.
J'ai donc comparé deux cartes Lexar, une A1 et une A2. Les captures de mesures montrent un écart d'environ deux fois en lecture comme en écriture dans ce test. Ce résultat ne signifie toutefois pas que le logo A2 garantit à lui seul deux fois plus de débit séquentiel.
Mise à jour du 14 septembre 2026 : l'article distingue désormais les classes A1/A2, les classes vidéo, le bus de la carte et les limites du lecteur utilisé.
En bref : choisir selon l'usage
Pour filmer, regardez d'abord la classe vidéo demandée par la caméra, puis la capacité et l'endurance. Pour lancer des applications ou manipuler beaucoup de petits fichiers, A1 ou A2 renseigne les performances aléatoires. Pour vider rapidement une carte, la carte et le lecteur doivent partager un bus assez rapide. Une référence haut de gamme dans un lecteur lent restera limitée.
Ce que compare ce test Lexar
Avant mon séjour à Abu Dhabi, j'avais acheté un lot de trois cartes microSD Lexar A1. Elles enregistraient les séquences, mais le moment de transférer beaucoup de vidéos révélait leur faiblesse. De retour, j'ai commandé une Lexar Silver Plus A2 afin de mesurer l'écart dans les mêmes conditions.
Voici la capture obtenue avec la carte A1 :

Et voici le résultat de la carte A2 :

Dans ce protocole, la Silver Plus est environ deux fois plus rapide en lecture comme en écriture. Cela réduit directement l'attente lorsqu'on copie plusieurs dizaines de gigaoctets vers un téléphone ou un ordinateur. Les chiffres restent ceux de cet ensemble carte, lecteur, appareil et logiciel : un autre lecteur ou des fichiers différents peuvent produire un autre résultat.
A1 et A2 ne décrivent pas la vitesse vidéo
Les logos A1 et A2 appartiennent à l'Application Performance Class. Ils garantissent des minima de lecture et d'écriture aléatoires ainsi qu'un minimum séquentiel. Selon la SD Association, A1 vise au moins 1 500 IOPS en lecture aléatoire et 500 IOPS en écriture, contre 4 000 et 2 000 IOPS pour A2, avec 10 Mo/s séquentiels minimum dans les deux cas.
A2 utilise aussi des fonctions comme la mise en file des commandes et le cache. Pour en profiter pleinement, l'appareil hôte doit les prendre en charge. Une carte A2 insérée dans un lecteur qui ne gère pas ces fonctions peut rester compatible tout en perdant une partie de son avantage.
V30, V60 et V90 : les logos importants pour filmer
Une caméra écrit un flux continu. La classe Video Speed Class indique donc un minimum soutenu : V30 pour 30 Mo/s, V60 pour 60 Mo/s et V90 pour 90 Mo/s. Le manuel de la caméra reste la référence. Acheter une V90 lorsqu'une V30 suffit peut être inutile, tandis qu'une carte sans le minimum demandé peut interrompre l'enregistrement ou refuser certains modes.
Les logos U1 et U3 expriment également un minimum d'écriture soutenue sur un bus UHS : 10 ou 30 Mo/s. Ils coexistent souvent avec V10 ou V30. Il faut lire l'ensemble des symboles et non retenir un seul chiffre marketing imprimé sur l'emballage.
Le bus et le lecteur peuvent devenir le goulot d'étranglement
UHS-I et UHS-II décrivent l'interface entre la carte et l'appareil. Une carte UHS-II possède une seconde rangée de contacts. Pour atteindre ses meilleurs débits, il faut un appareil et un lecteur UHS-II. Dans un lecteur UHS-I, elle fonctionne généralement, mais à la vitesse du maillon le plus lent.
Le même principe vaut pour l'adaptateur USB. Un lecteur branché sur un port lent, un hub partagé ou un câble limité peut plafonner bien avant la carte. Pour comparer proprement deux modèles, gardez le même lecteur, le même port, la même taille de test et un appareil suffisamment rapide.
Lecture, écriture et petits fichiers
La lecture séquentielle détermine surtout la vitesse à laquelle on vide une carte remplie de grandes vidéos. L'écriture séquentielle compte pendant l'enregistrement ou la copie vers la carte. Les performances aléatoires deviennent importantes pour des applications, des bases de données ou une multitude de petits fichiers.
Deux cartes affichant 200 Mo/s en gros caractères peuvent donc se comporter très différemment. Ce nombre est souvent un maximum de lecture mesuré dans des conditions favorables. La vitesse d'écriture réelle, parfois bien moins mise en avant, est souvent la donnée la plus utile pour une caméra.
Une méthode simple avant un tournage
Formatez la carte dans l'appareil qui va l'utiliser, puis enregistrez plusieurs minutes dans le mode le plus exigeant prévu. Relisez la séquence, remplissez suffisamment la carte pour éviter un test trop court, puis copiez un lot représentatif avec le lecteur qui sera utilisé en voyage. Contrôlez enfin que la capacité vendue correspond à la capacité reconnue.
Une carte mémoire reste un support consommable. Gardez plusieurs cartes de capacité raisonnable plutôt qu'un seul exemplaire contenant tout un voyage, protégez-les physiquement et copiez les fichiers dès que possible. Une classe de vitesse ne garantit ni l'authenticité d'une carte, ni l'absence de panne.
Quelle Lexar choisir après ce test ?
La Lexar Silver Plus testée ici coûte davantage que le lot A1, mais son avantage est immédiatement visible au transfert. Elle a du sens si la caméra accepte ses caractéristiques et si le lecteur suit. Pour un appareil peu exigeant ou un stockage occasionnel, une carte moins rapide mais authentique et conforme au minimum demandé peut suffire.
Authenticité, capacité et endurance
Achetez auprès d'un vendeur identifiable, car une fausse carte peut annoncer une capacité qui n'existe pas réellement. Le problème apparaît souvent quand elle se remplit : les nouveaux fichiers écrasent les anciens ou deviennent illisibles. Un test de capacité complet avant un voyage coûte du temps, mais beaucoup moins que des images perdues.
Pour une dashcam ou une caméra de surveillance qui écrit sans arrêt, préférez une gamme Endurance prévue pour de nombreux cycles. Une carte rapide destinée à l'appareil photo n'est pas automatiquement la plus durable pour cet usage continu.
La bonne carte est celle de toute la chaîne
Ce comparatif ne se résume pas à A2 meilleur que A1. Il montre surtout qu'une économie minime sur la carte peut coûter beaucoup de temps ensuite. Caméra, classe vidéo, bus, lecteur et destination forment une chaîne : dimensionner chaque maillon évite de payer pour une performance inaccessible ou de subir un débit trop faible au moment de travailler.