L’épreuve de l’Ultra Marathon de San Francisco
L’Ultra Marathon de San Francisco 2026 se déroulera les 25 et 26 juillet 2026. Sur le principe, l’épreuve est assez simple à comprendre : il s’agit d’enchaîner deux marathons, l’un après l’autre, pour un total de presque 85 kilomètres. Dit comme ça, ça paraît déjà absurde. En vrai, ça l’est un peu.
Le premier marathon se court de nuit, avec un départ à 22h15. On part d’Embarcadero pour longer la côte de San Francisco dans le sens anti-horaire. Le parcours est assez brut dans sa construction : un aller-retour de 21 kilomètres, puis à nouveau 21 kilomètres pour compléter le marathon. C’est bête et méchant, sans fioriture, avec ce côté un peu mentalement usant d’un tracé qui ne cherche pas à vous distraire. Il faut courir, gérer, avancer, et déjà penser à ce qui vous attend derrière.

La première boucle du marathon de San Francisco est réalisée de nuit
Car le deuxième marathon, lui, démarre à 5h15 le dimanche matin. Et c’est là que les choses deviennent vraiment sérieuses. On repart d’Embarcadero, mais cette fois le parcours est celui du marathon “classique” de San Francisco, avec un passage par le Golden Gate Bridge, un retour vers la ville, puis une traversée de quartiers bien plus intéressants visuellement, avec notamment Golden Gate Park. Sur le plan du décor, c’est évidemment plus beau. Sur le plan physique, c’est aussi beaucoup plus violent.

La deuxième boucle de l'ultra est en fait le marathon de San Francisco
L’an dernier, c’est ce deuxième marathon qui m’a détruit.
Les difficultés de l’an dernier
Avec un peu de recul, le problème principal est simple : je n’étais pas prêt. Vraiment pas prêt.
Après le marathon de Paris, j’ai laissé mon ego prendre trop de place. J’avais lu des commentaires bienveillants, des messages d’encouragement, des gens qui me disaient en substance que j’avais eu l’air “facile”, qu’il me fallait une épreuve un peu plus corsée, que l’ultra marathon serait une suite logique. Et j’ai été assez bête pour laisser ces quelques mots gonfler mon orgueil.
Au lieu de prendre cette course avec le respect qu’elle exigeait, je l’ai abordée comme si elle allait simplement être une version un peu plus longue de ce que je connaissais déjà. En réalité, je me suis moins préparé pour cet ultra que pour n’importe lequel de mes marathons. J’y suis allé en touriste. Et évidemment, je l’ai payé.
Mais il n’y avait pas que la distance. Les presque 85 kilomètres sont déjà une vraie épreuve, bien sûr, mais ce que je n’avais pas suffisamment anticipé, c’est le dénivelé. L’Ultra Marathon de San Francisco, c’est environ 800 mètres de dénivelé positif, et le plus cruel dans l’histoire, c’est qu’une très grande partie de ce dénivelé se concentre sur le deuxième marathon. Autrement dit : vous avez déjà couru un marathon de nuit, vous avez déjà entamé vos réserves, et c’est seulement ensuite qu’on vous demande de grimper.
Ce cocktail m’a explosé les fessiers, puis le TFL. Et à partir de là, la course s’est transformée en épreuve de survie. Si vous avez vu la vidéo de l’an dernier, vous m’avez vu pleurer pendant une bonne partie de la course, puis marcher pendant le reste. J’avais mal, profondément, et j’étais allé trop loin sans avoir construit ce qu’il fallait pour tenir.
Le passage sur le Golden Gate, les montées, les descentes, les relances dans San Francisco : tout ce que je n’avais pas suffisamment préparé est venu se présenter d’un seul coup. L’ultra m’a rappelé quelque chose de très simple : on ne négocie pas avec le terrain.
Ma préparation pour l’Ultra de San Francisco 2026
Jusqu’ici, je n’avais pas partagé officiellement mon inscription pour 2026. C’est désormais chose faite. Certains l’avaient peut-être deviné si vous me suivez sur Instagram, où j’en ai déjà parlé rapidement, mais cette fois c’est clair : je retourne à San Francisco pour cet ultra marathon.
Et cette année, la préparation n’aura rien à voir.
L’an dernier, je râlais parce que j’habite à la montagne et qu’il n’y a pas un mètre de plat autour de chez moi. Avec le recul, c’était presque comique. J’avais sous les yeux un terrain d’entraînement idéal pour préparer précisément les difficultés qui m’avaient détruit à San Francisco, et je n’avais pas compris l’opportunité. Cette année, je l’ai bien intégrée : je vais courir en côte. Beaucoup. Parce que le problème n’était pas la montagne. Le problème, c’était mon incapacité à voir que la montagne était exactement ce qu’il me fallait.
Pour suivre cette préparation, je vais continuer à m’appuyer sur l’Apple Watch et la Garmin tactix 8. Les deux me permettent de collecter des données fiables sur mes séances, avec des approches différentes, mais complémentaires. J’ai également un plan Garmin Coach configuré avec l’objectif de l’ultra marathon. La montre adapte les séances en fonction de la charge, de la récupération, du sommeil et des entraînements précédents. C’est une base intéressante, même si elle a parfois tendance à devenir trop conciliante dès que la récupération n’est pas parfaite.
Or, quand on prépare un ultra, il faut aussi accepter qu’on ne cherche pas seulement à être reposé : on cherche à devenir capable. Et l'écart entre les deux est assez notable.
En parallèle, j’ai donc développé mon propre préparateur dans Claude. L’idée est simple : après chaque entraînement, je lui fournis le fichier .fit, et il analyse l’ensemble de la séance pour faire évoluer la suite de ma préparation. Charge de travail, rythme cardiaque, dérive cardiaque, dénivelé, cadence, allure, profils d’efforts… tout est pris en compte pour comprendre ce que la séance a réellement produit sur le plan physiologique, et pas seulement ce qu’elle affichait à la fin.
Nous avons défini un cadre global jusqu’à l’Ultra Marathon de San Francisco, puis ce cadre est ajusté semaine après semaine en fonction de l’évolution réelle de ma forme. C’est probablement la partie la plus intéressante de cette préparation : ne pas suivre un plan figé, mais un plan vivant.
Enfin, l’analyse détaillée de mes sorties passe toujours par HealthFit. C’est un outil que j’apprécie énormément, notamment parce que Stéphane y a intégré deux métriques qui comptent beaucoup pour moi : les profils d’efforts et les profils de fréquence cardiaque. Ce sont des données qui me permettent de mieux comprendre la nature exacte du travail fourni, au-delà du simple kilométrage ou de l’allure moyenne.
Ce que je vais partager durant les prochaines semaines
Cette fois-ci, Manon ne courra pas le marathon. En revanche, elle sera avec nous pour ramener un maximum d’images de qualité. Et si je parle de “nous”, c’est parce que Romain courra avec moi. J’en suis très heureux. Pour ceux qui étaient déjà là à l’époque, nous avions justement couru le marathon de Paris ensemble, et vous connaissez donc déjà une partie de l’histoire.
Cette préparation est aussi une belle occasion de proposer du contenu plus qualitatif au fil des semaines. Il y aura évidemment mes entraînements sur Strava, parce que c’est le moyen le plus direct de suivre ce qui se passe. Il y aura aussi du contenu vidéo, probablement sur la chaîne principale, avec les outils que j’utilise, les choix de préparation, les ajustements que je fais, et sans doute quelques verticaux autour des séances d’entraînement. J’ai aussi envie de proposer des bilans réguliers pour documenter la progression, les doutes, les sensations, et voir ce que donne vraiment une préparation pensée pour ne pas revivre l’échec de l’an dernier.
Mais surtout, il y aura une vidéo finale à San Francisco. Cette fois, avec davantage de recul, davantage de moyens, et j’espère, davantage de maîtrise.
Ce qui est certain, c’est que ce challenge arrive au bon moment. J’ai besoin d’un objectif qui me stimule vraiment. J’ai besoin d’une préparation qui m’oblige à être rigoureux. Et j’ai besoin de retourner sur cette ligne de départ pour y prendre du plaisir, pour profiter de cette aventure exceptionnelle.
L’Ultra Marathon de San Francisco m’a mis à terre l’an dernier. C’est précisément pour ça que j’ai envie d’y retourner.
À très vite.