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Pourquoi l'écran de l'iPhone Duo est composé de dix couches
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Pourquoi l'écran de l'iPhone Duo est composé de dix couches

LoKan Sardari
Sommaire

Dans mon article publié juste avant la conférence, je me suis surtout arrêté sur le nom et le prix de l'iPhone Duo. Une fois la présentation terminée, un détail expliqué par Johny Srouji m'intéresse pourtant beaucoup plus : l'écran intérieur n'est pas conçu pour se comporter comme un bloc parfaitement rigide.

Apple assemble dix couches ultrafines, mais utilise des adhésifs capables de se déformer pour qu'elles glissent légèrement les unes par rapport aux autres. Le paradoxe est assez beau : cet écran reste plat parce qu'il accepte de bouger.

En bref

L'écran intérieur de l'iPhone Duo repose sur une structure laminée composée de dix couches ultrafines. Apple évoque notamment un revêtement résistant aux rayures, une couche supérieure en polymère nano-texturé, du verre haute résistance au-dessus et en dessous de la dalle pliable, puis une plaque de titane sous l'ensemble.

Entre ces différents éléments, des adhésifs viscoélastiques permettent aux couches de glisser les unes par rapport aux autres pendant le pliage. Apple compare ce mouvement à celui des pages d'un livre. Elles ne sont donc pas détachées ou réellement indépendantes : elles restent assemblées, mais ne sont pas contraintes de se déformer exactement de la même manière.

Les couches ne parcourent pas la même distance

Lorsqu'un écran composé de plusieurs couches se courbe, celles situées à l'extérieur du pli doivent parcourir un chemin légèrement plus long. Elles sont étirées, tandis que les couches placées à l'intérieur sont comprimées. Plus l'empilement est épais et rigide, plus les contraintes deviennent importantes.

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Si toutes les couches formaient un seul bloc indéformable, ces efforts seraient transmis directement au verre, à la dalle OLED et aux différentes interfaces. À force d'ouvertures et de fermetures, cela pourrait favoriser une déformation permanente, un décollement ou l'apparition de fissures.

L'adhésif utilisé par Apple peut au contraire se déformer par cisaillement. Chaque couche suit ainsi un rayon de courbure légèrement différent, avec un petit déplacement par rapport à ses voisines. Lorsque l'iPhone est rouvert, l'ensemble reprend sa forme plane.

La colle devient une véritable pièce mécanique

Dans un écran classique, la colle doit surtout rester transparente et maintenir les composants ensemble. Dans un écran pliable, elle devient presque une articulation invisible. Elle doit absorber les contraintes, autoriser le mouvement, puis revenir à sa forme initiale sans perdre son adhérence.

Ce principe ne sort pas de nulle part. Une étude publiée en 2019 dans le Journal of the Society for Information Display montre qu'un adhésif suffisamment souple peut découpler mécaniquement les couches et créer plusieurs plans neutres, moins sollicités pendant le pliage.

Cette étude ne porte évidemment pas sur l'iPhone Duo et ne permet pas de prédire sa durée de vie. Elle explique simplement le principe physique exploité par Apple : plutôt que de supprimer tout mouvement, il faut le répartir et le contrôler.

Une pliure moins visible, mais pas inexistante

Apple ajoute une couche supérieure nano-texturée en polymère, annoncée comme jusqu'à 40 % plus rigide que les matériaux comparables employés dans l'industrie. Cette finition réduit les reflets et rend également la marque centrale moins visible. Du verre haute résistance encadre la dalle pliable, tandis que la plaque de titane et la charnière composée de plus de 100 éléments soutiennent l'écran lorsqu'il est ouvert.

Apple parle toutefois d'une pliure moins visible, pas d'une pliure totalement supprimée. Lors de sa première prise en main, MacRumors distingue encore la marque centrale, même si elle paraît très discrète. Les véritables réponses sur la solidité et le vieillissement de cet empilement arriveront après plusieurs mois, voire plusieurs années d'utilisation.

Dans les informations publiées le 9 septembre, Apple ne donne ni la composition précise de ses adhésifs, ni le rôle de chacune des dix couches, ni un nombre public de cycles de pliage garanti. Il faut donc distinguer l'élégance du principe mécanique de sa durabilité réelle, qui reste à vérifier.

Un écran stable parce qu'il sait bouger

C'est probablement le détail technique que je préfère dans cet iPhone Duo. Pour donner l'impression d'une surface unique, plane et solide, Apple doit laisser ses composants internes se déplacer de quelques fractions de millimètre.

À chaque ouverture et à chaque fermeture, les couches de l'écran glissent donc légèrement les unes contre les autres. La prouesse ne consiste pas à empêcher ce mouvement, mais à faire en sorte qu'il puisse se répéter des milliers de fois sans déformer durablement l'écran. Il faudra maintenant vérifier si cette mécanique reste aussi impressionnante après plusieurs années d'utilisation.

LoKan Sardari
Auteur de l'article

LoKan Sardari

Je crée des contenus depuis 2006 avec la même obsession : comprendre ce que la tech change vraiment quand elle sort des fiches produit et entre dans la vraie vie.

Apple, santé connectée, sport, voyage, maison, productivité : je teste les outils qui promettent de mieux vivre, de mieux bouger ou de mieux travailler, puis je garde ce qui résiste à l'usage réel.

Indépendant, curieux, souvent trop équipé, je partage ici mes tests, mes obsessions et mes retours d'expérience, sans langue de bois.

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