Samsung n’a pas attendu longtemps avant de se moquer de l’iPhone Duo. Pendant la présentation d’Apple, la marque coréenne a publié plusieurs messages ironiques évoquant notamment des "restes réchauffés". L’argument est facile : Samsung commercialise des smartphones pliables depuis 2019, alors qu’Apple découvre officiellement la catégorie en 2026.
Le problème pour Samsung, c’est qu’Apple n’arrive pas seulement avec un téléphone qui se plie. L’iPhone Duo possède un indice IP68, une version d’iOS pensée pour ses deux écrans et un véritable environnement prévu pour les développeurs. Il arrive tard, mais il ressemble déjà à un produit terminé.
En bref
Le constat est assez simple : l’iPhone Duo est certifié IP68, contre IP48 pour le Galaxy Z Fold8. Les deux appareils résistent à l’eau, mais seul l’iPhone est considéré comme étanche à la poussière selon l’indice IP.
Cette différence résume assez bien les approches des deux marques. Samsung possède plusieurs générations d’avance et propose énormément de fonctionnalités. Apple prend davantage de temps, mais tente de livrer en même temps le matériel, l’interface, les outils de développement et l’intégration avec le reste de son écosystème.
L’indice IP68 fait une vraie différence
L’iPhone Duo reprend le même indice IP68 que les autres iPhone récents. Le premier chiffre, le 6, signifie que le téléphone est protégé contre l’intrusion de poussière. Le second, le 8, correspond à sa résistance à l’eau. Apple annonce une immersion maximale de six mètres pendant trente minutes, dans des conditions de laboratoire.
Le Galaxy Z Fold8 reste limité à un indice IP48. Il résiste donc lui aussi à l’eau, mais son niveau de protection contre les particules solides est inférieur. Sur un appareil pliable rempli de pièces mobiles, avec une charnière et plusieurs couches d’écran, ce détail est loin d’être anecdotique. La poussière est précisément l’un des ennemis naturels de ce type de mécanisme.
Un indice IP ne garantit évidemment pas qu’un téléphone survivra à toutes les situations, et cette résistance peut diminuer avec l’usure. Il faudra attendre les démontages et les tests de longue durée pour juger la fiabilité réelle de l’iPhone Duo. Mais dès la première génération, Apple atteint une protection que Samsung ne propose toujours pas sur son Galaxy Z Fold8.
Samsung innove, mais empile souvent les fonctions
Il faut reconnaître à Samsung un mérite immense : sans ses premiers Galaxy Fold, le marché des smartphones pliables ne serait probablement pas aussi développé. Le constructeur a pris des risques, essuyé les premiers problèmes et amélioré son concept pendant plusieurs générations.
Mais Samsung conserve aussi une tendance que je retrouve régulièrement dans leurs produits : une fiche technique impressionnante, beaucoup de fonctions, mais une expérience qui ne paraît jamais totalement terminée ou intégrée. Multi Window, Samsung DeX, Gemini Notebook, barre des tâches, Galaxy AI, continuité des applications : le Fold8 peut faire énormément de choses. La cohérence de l’ensemble est moins évidente.
C’est déjà ce décalage entre la quantité de fonctions et leur finition que j’observais dans mon test du Samsung S26 Ultra. Samsung sait produire du matériel ambitieux. La marque peine davantage à donner l’impression que chaque élément appartient à une expérience unique et parfaitement maîtrisée.
Apple ne s’est pas contentée de plier un iPhone
Avec l’iPhone Duo, Apple ne reprend pas simplement iOS pour l’étirer sur un écran plus grand. iOS 27 adapte son interface à la position et à l’ouverture du téléphone. Les barres d’outils et la navigation se déplacent sur le côté, la Dynamic Island change d’orientation, le contenu passe d’un écran à l’autre et Split View permet enfin d’utiliser deux applications côte à côte.

Sur les démonstrations publiées par Apple, l’interface est absolument splendide. Elle reste immédiatement reconnaissable, mais chaque élément semble avoir été repositionné pour ce format particulier. C’est exactement ce qu’Apple sait faire lorsqu’elle est au meilleur de sa forme : concevoir le matériel et le logiciel comme un seul produit.
L’accompagnement des développeurs commence lui aussi dès l’annonce. Apple publie des recommandations d’interface spécifiques à l’iPhone Duo, des API adaptées, des vidéos techniques, des ateliers et un environnement de simulation dans Xcode (pas encore dispo chez moi). Les applications utilisant déjà les composants standards peuvent s’adapter presque automatiquement aux différentes positions de l’appareil.
Tout n’est pas disponible immédiatement. La compatibilité avec l’Apple Pencil arrive plus tard dans l’année et certains outils Xcode sont encore annoncés pour les semaines suivantes. Mais le parcours est pensé, documenté et présenté aux développeurs dès le lancement. Ce n’est pas une fonction expérimentale abandonnée au milieu d’une fiche technique.
L’écran serait bien fabriqué par Samsung
Il y a évidemment une belle ironie dans cette histoire. Selon plusieurs informations issues de la chaîne d’approvisionnement, Samsung Display serait le fournisseur exclusif des écrans OLED pliables de l’iPhone Duo pendant trois ans. La production des modules aurait commencé au Vietnam après validation des rendements industriels par Apple.
Cette information n’est pas confirmée publiquement par Apple ou Samsung. Il faut donc conserver le conditionnel. Samsung Display et la division mobile de Samsung Electronics ne sont pas non plus une seule et même équipe. Fabriquer une dalle selon le cahier des charges d’Apple ne signifie pas avoir conçu l’iPhone, son châssis, sa charnière ou son interface.
Cela montre néanmoins une chose importante : la qualité finale ne dépend pas uniquement du fabricant d’un composant. Samsung peut fabriquer une excellente dalle, tandis qu’Apple définit la structure complète autour de celle-ci : couches de verre, adhésifs capables d’accompagner le pliage, plaque de soutien en titane, finition nano-texturée, charnière et intégration avec iOS.
Samsung peut-il vraiment donner des leçons de design ?
Le Galaxy Z Fold8 adopte un nouveau format court et large, proche d’un passeport, avec un écran extérieur de 5,5 pouces et un écran intérieur de 7,6 pouces. L’iPhone Duo utilise presque exactement la même recette, avec 5,4 pouces à l’extérieur et 7,6 pouces une fois ouvert.

Dire qu’il s’agit exactement du même design serait exagéré. Les châssis, les appareils photo, les charnières et les interfaces restent différents. Le Fold8 a également été présenté en juillet, près de deux mois avant l’iPhone Duo officiel.
En revanche, les dimensions et les maquettes du téléphone pliable d’Apple circulaient publiquement plusieurs mois avant cette présentation. Samsung connaissait parfaitement la direction prise par son concurrent, comme tout le reste de l’industrie. La proximité soudaine du Fold8 avec ce format rend donc les moqueries de Samsung beaucoup moins brillantes.
Samsung peut rappeler qu’Apple arrive tard. C’est factuellement exact. Mais parler de "restes réchauffés" lorsque son propre produit adopte au même moment des proportions aussi proches manque sérieusement de finesse. La marque est particulièrement mal placée pour distribuer les leçons sur l’originalité des designs.
Apple arrive tard, mais bien
Samsung possède l’expérience, plusieurs générations de recul, un téléphone plus léger et une immense liste de fonctionnalités. L’iPhone Duo ne rend pas soudainement le Galaxy Z Fold8 mauvais ou inutile.
Mais Apple démontre qu’arriver le premier ne suffit pas. Il faut aussi que la charnière, l’écran, le système, les applications et les outils destinés aux développeurs avancent dans la même direction. L’indice IP68 apporte une preuve concrète de ce travail d’intégration.
Certes, Apple arrive tard. Mais elle arrive bien. Avec l’iPhone Duo, elle ne donne pas l’impression de commercialiser un prototype en attendant que les prochaines générations terminent le travail. Elle présente directement une solution cohérente, pensée comme un ensemble et prête à être utilisée.
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