Installer un kit solaire à la maison est beaucoup moins mystérieux qu'il n'y paraît. Dans la vidéo associée à cet article, je présente les principaux éléments d'une installation photovoltaïque : le panneau, le micro-onduleur, les connecteurs MC4 et le raccordement à la maison.
Cette page répond à une seule question : que se passe-t-il réellement entre le moment où le soleil frappe le panneau et celui où un appareil utilise cette énergie ? Pour choisir la puissance, le type d'installation ou l'intérêt d'une batterie, un guide séparé est plus adapté.
Du soleil aux appareils de la maison
Un panneau photovoltaïque transforme la lumière en courant continu. Ce courant passe ensuite par les câbles et les connecteurs MC4 avant d'arriver dans un micro-onduleur ou un onduleur.
Le rôle de l'onduleur est essentiel : il transforme le courant continu produit par les panneaux en courant alternatif compatible avec le réseau électrique de la maison. Une fois l'installation raccordée, les appareils qui fonctionnent au même moment utilisent en priorité cette production locale. Le réseau complète automatiquement lorsque les panneaux ne produisent pas assez.
À l'inverse, si les panneaux produisent davantage que la consommation instantanée, l'excédent doit être stocké, limité ou injecté sur le réseau selon la configuration et le contrat retenus.
Le talon de consommation
Le talon de consommation correspond à l'énergie utilisée en permanence par le logement : réfrigérateur, congélateur, box internet, VMC, équipements réseau, appareils en veille ou encore système domotique.
C'est une excellente base pour dimensionner un premier kit solaire. Si la maison consomme régulièrement quelques centaines de watts pendant les heures ensoleillées, une petite installation peut venir réduire cette consommation achetée au réseau.
Il faut cependant conserver une nuance importante : le talon existe aussi la nuit, lorsque les panneaux ne produisent rien. Un kit sans batterie ne couvre donc que la partie diurne de cette consommation.
À quoi sert un panneau bifacial ?
Un panneau bifacial peut recevoir de la lumière par sa face avant et par sa face arrière. Cela ne veut pas dire qu'il produit systématiquement beaucoup plus qu'un panneau classique.
Le gain dépend de son installation : hauteur par rapport au sol, espace laissé derrière le panneau, couleur et pouvoir réfléchissant de la surface, orientation et ombrage. Posé presque contre une surface sombre, le bénéfice de la face arrière peut devenir très faible. Installé au-dessus d'un sol clair et réfléchissant, il devient plus intéressant.
Micro-onduleur et connecteurs MC4
Les connecteurs MC4 assurent la liaison entre les panneaux et l'onduleur du côté du courant continu. Ils sont conçus pour résister aux conditions extérieures lorsqu'ils sont correctement assemblés avec du matériel compatible.
Le micro-onduleur est généralement installé à proximité du panneau. Il convertit sa production et se synchronise avec le réseau électrique. En cas de coupure du réseau, un micro-onduleur classique s'arrête automatiquement. Cette sécurité protège les équipements et les personnes qui interviennent sur le réseau.
Les connecteurs, câbles et appareils électriques ne doivent pas être manipulés ou débranchés sous charge sans respecter les consignes du fabricant. Dès que le projet modifie l'installation électrique existante, passe sur une toiture ou ajoute une batterie, l'intervention d'un professionnel qualifié devient la décision raisonnable.
Un panneau ou une installation plus importante ?
Un ou deux panneaux permettent de découvrir l'autoconsommation et de réduire une partie de la consommation permanente en journée. Une installation plus puissante devient pertinente lorsque des usages importants peuvent fonctionner pendant la production : lave-linge, lave-vaisselle, climatisation, pompe de piscine, ballon d'eau chaude ou recharge d'un véhicule électrique.
Ajouter des panneaux sans regarder les horaires de consommation peut en revanche créer beaucoup de surplus peu valorisé. La puissance maximale affichée sur le carton n'est donc pas le seul critère.
Pour choisir entre plug and play, plusieurs panneaux, une installation en toiture et une batterie, consultez mon guide : quel kit solaire choisir pour sa maison.
Une batterie est-elle nécessaire ?
Une batterie permet de décaler l'utilisation de l'énergie. Elle stocke une partie de la production de la journée pour la restituer plus tard, notamment en soirée.
Elle n'est pas automatiquement rentable. Son intérêt dépend du surplus réellement disponible, de la consommation du soir, du prix de l'électricité, du rendement du système et du coût de la batterie. Il est donc préférable de mesurer son installation avant de choisir une capacité.
Une batterie ne garantit pas non plus que la maison reste alimentée pendant une coupure. Pour cela, il faut une sortie de secours et une installation spécifiquement conçue pour fonctionner séparément du réseau.
Les démarches ne disparaissent pas avec le plug and play
Une installation facile à monter n'est pas une installation sans règle. Enedis indique qu'une installation en autoconsommation totale doit être déclarée, même lorsqu'elle n'injecte pas d'électricité. Le dossier et la convention dépendent ensuite du mode de fonctionnement retenu.
Enedis précise également qu'un Consuel peut être nécessaire lorsque les travaux modifient le circuit électrique existant ou ajoutent une batterie. Les règles d'urbanisme dépendent de l'emplacement des panneaux, de la commune et de la configuration du logement.
Les démarches à jour sont détaillées sur les sites d'Enedis et de l'ADEME.
Ce que mes installations m'ont appris
J'ai commencé avec deux kits Beem Energy, avant de tester plusieurs solutions Sunology, Mater France, EcoFlow, Zendure et IZYPOWER.
La leçon la plus importante est assez simple : le meilleur kit n'est pas nécessairement celui qui annonce le plus de watts. C'est celui dont la production correspond aux usages de la maison, à la place disponible et au niveau de complexité que l'on accepte.
Mon premier kit Mater France de 1 440 Wc m'a montré l'intérêt d'une solution configurable. Mon installation IZYPOWER en toiture correspond à un projet d'une tout autre échelle. Les deux produisent de l'électricité solaire, mais ils ne répondent pas du tout au même besoin.
Conclusion
Le principe d'un kit solaire reste simple : produire de l'électricité, la convertir et la consommer au moment où elle est disponible. La difficulté commence surtout au moment de choisir la bonne puissance, le bon emplacement et la manière de valoriser le surplus.
Mater France propose des panneaux, micro-onduleurs, supports, kits complets et solutions de stockage permettant de construire une installation adaptée à plusieurs niveaux de besoin.