Quel NAS choisir en 30 secondes ?
En bref. Pour un NAS principal, je choisirais Synology pour DSM : un DS225+ si deux baies suffisent, un DS925+ pour garder davantage de marge. Le UGREEN DXP4800 Plus devient plus intéressant si le 10 GbE, Docker ou les machines virtuelles comptent. Je réserverais UniFi à un stockage simple, à un second NAS de sauvegarde ou à un réseau déjà largement équipé par la marque.
| Priorité |
Choix à regarder |
Pourquoi |
| Système mature et protection des données |
Synology |
DSM, Hyper Backup, snapshots et applications éprouvées |
| Matériel puissant et rapport équipement-prix |
UGREEN |
Processeurs généreux, 2,5 ou 10 GbE, RAM et SSD selon les modèles |
| Stockage simple dans un réseau UniFi |
UniFi |
Installation cohérente, interface lisible et intégration à l'écosystème |
| Gros fichiers et travail vidéo en 10 GbE |
UGREEN ou Synology adapté |
Davantage de puissance et de marge pour les débits soutenus |
| Second NAS de sauvegarde |
Selon le NAS principal |
La compatibilité des tâches de sauvegarde compte plus que la marque |
Ce tableau donne une direction, pas une référence à commander les yeux fermés. Un excellent NAS deux baies peut être trop petit dès le premier jour, tandis qu'un modèle huit baies sera inutilement cher, bruyant et énergivore pour quelques sauvegardes familiales.
Commencer par les données, pas par la marque
Avant de regarder les fiches techniques, il faut mesurer le volume réellement utilisé aujourd'hui. Il faut ensuite ajouter la croissance probable des prochaines années, la place perdue par la redondance et une marge pour éviter de remplir le volume à 99 %.
Les photos et les documents progressent généralement lentement. La vidéo, les sauvegardes de plusieurs ordinateurs et les machines virtuelles peuvent au contraire consommer plusieurs téraoctets très rapidement. Dans mon cas, la production vidéo et les archives expliquent une architecture qui serait complètement disproportionnée pour la majorité des foyers.
Il faut aussi décider si le NAS devient le stockage principal ou seulement une destination de sauvegarde. Un serveur sur lequel on travaille directement demande davantage de performances, de mémoire et de réseau qu'un boîtier qui reçoit une sauvegarde chaque nuit.
Un, deux, quatre ou huit disques ?
Un NAS une baie
Un modèle une baie n'est pas inutile. Il peut servir de destination secondaire, de copie locale ou de petit serveur de médias. Il ne possède simplement aucune redondance interne : si le disque tombe en panne, le volume devient indisponible.
Je ne le choisirais pas comme emplacement unique pour des données importantes. En revanche, il peut être cohérent dans une stratégie où une autre copie existe déjà ailleurs.
Un NAS deux baies
Deux baies conviennent à de nombreux particuliers. Avec deux disques de 12 To en RAID 1, les données sont écrites sur les deux disques et environ 12 To restent utilisables. Le NAS peut continuer à fonctionner après la panne d'un disque, le temps de le remplacer et de reconstruire la grappe.

Le UNAS 2 de UniFi, un NAS 2 baies abordable
La limite apparaît au moment d'agrandir le stockage. Il faut souvent remplacer les deux disques par des capacités supérieures, ce qui rend l'évolution plus coûteuse.
Un NAS quatre baies
Quatre baies représentent le meilleur compromis pour beaucoup d'utilisateurs exigeants. Avec quatre disques de 12 To en RAID 5 ou l'équivalent, environ 36 To sont utilisables avant les différences de calcul et l'espace réservé par le système. Un disque peut tomber en panne sans interrompre l'accès aux données.

Mon ancien Synology DS1515+ : un modèle 5 baies
Cette architecture laisse plus de possibilités pour faire évoluer la capacité, séparer certains usages ou utiliser une redondance tolérant la panne de deux disques. C'est le format que je regarderais pour de la photo, de la vidéo, plusieurs ordinateurs ou une famille qui veut conserver beaucoup de données pendant plusieurs années.
Six, huit baies ou davantage
À ce niveau, on entre dans des besoins professionnels ou dans des volumes importants. Davantage de baies permet d'augmenter la capacité, d'utiliser plusieurs groupes de stockage ou de consacrer certains disques à des usages différents.

Le UNAS Pro installé dans la baie réseau, au dessus du Synology DS1821+
J'ai expliqué cette logique dans mon article sur les Storage Pools des NAS Synology. Elle devient utile lorsqu'un même châssis accueille des archives, des fichiers de travail et les sauvegardes des Mac, avec des besoins de performances différents.
Le RAID ne décide pas de votre stratégie de sauvegarde
Le RAID maintient le service après la panne d'un disque. Il ne protège pas contre une suppression, un ransomware, un dégât électrique ou le vol du NAS. Une synchronisation n'est pas davantage une sauvegarde : elle peut reproduire instantanément un fichier corrompu ou supprimé.
Pour les données importantes, il faut viser trois copies sur au moins deux supports, dont une copie située ailleurs. Le NAS principal constitue une copie. Un autre NAS, un disque déconnecté ou un stockage cloud peut fournir les suivantes.
Les snapshots ajoutent une protection très utile contre les modifications et suppressions accidentelles, mais ils restent stockés dans le même appareil. Ils complètent une sauvegarde, ils ne la remplacent pas.
Ma migration de près de 50 To entre Synology et UniFi illustre bien le problème : déplacer les fichiers était possible, mais automatiser proprement la copie entre deux écosystèmes s'est montré beaucoup moins évident à l'époque. Il faut vérifier le chemin de sauvegarde avant d'acheter le second appareil, pas après avoir copié des dizaines de téraoctets.
Quelle vitesse réseau choisir ?
| Connexion |
Débit pratique maximal |
Usage cohérent |
| 1 GbE |
Environ 110 Mo/s |
Sauvegardes, documents et médias |
| 2,5 GbE |
Environ 280 Mo/s |
Photos, plusieurs utilisateurs et gros transferts ponctuels |
| 10 GbE |
Jusqu'à environ 1 Go/s |
Vidéo, gros volumes et travail directement sur le NAS |
Ces chiffres supposent que les disques, le processeur, le switch et l'ordinateur suivent. Une prise 10 GbE ne transforme pas deux petits disques lents en stockage capable d'écrire à 1 Go/s.
Pour des sauvegardes Time Machine ou une bibliothèque familiale, le Gigabit reste parfaitement utilisable. Le 2,5 GbE apporte un vrai confort sans nécessiter une infrastructure très coûteuse. Le 10 GbE devient pertinent pour les gros fichiers, le montage vidéo et plusieurs machines actives en même temps.
Dans mon réseau UniFi à la maison, le 10 GbE relie le Mac, les switches et les NAS parce que la production vidéo peut réellement exploiter cette bande passante. Acheter uniquement le NAS 10 GbE sans prévoir le reste du chemin ne sert à rien.
Synology : le choix du logiciel et de la maturité
Synology reste la référence la plus rassurante lorsque la priorité est le système logiciel. DSM propose une gestion claire des utilisateurs et des volumes, Time Machine, Synology Drive, Hyper Backup, Snapshot Replication et de nombreuses applications supplémentaires. Certaines fonctions dépendent toutefois du modèle, de la quantité de mémoire et du système de fichiers utilisé.
Cette maturité facilite les sauvegardes versionnées, les snapshots et la restauration. Pour une personne qui veut un NAS principal fiable sans transformer son achat en projet informatique, c'est encore l'écosystème le plus simple à recommander.
Le matériel est parfois moins spectaculaire que chez UGREEN au même niveau de prix. Les interfaces rapides, les processeurs et la mémoire varient beaucoup selon les gammes. Il ne faut donc pas acheter un Synology uniquement parce que DSM est excellent.

Le NAS Synology RS2825 était beaucoup trop gros pour mon usage
Il faut également vérifier la compatibilité des disques pour le modèle exact dans la liste officielle de Synology. Mon installation du Synology RS2825RP+ s'est arrêtée à cause de disques non acceptés. Synology a depuis assoupli cette politique sur certains DiskStation Plus récents avec DSM 7.3, mais les règles ne sont pas identiques sur toutes les séries, notamment les modèles rackables et professionnels.
Je choisirais Synology pour la maturité de DSM, les fonctions de protection des données, la simplicité d'administration et un NAS qui doit rester en production plusieurs années. Je vérifierais en revanche la connectique, la mémoire et la liste des disques compatibles avant toute commande.
Parmi les modèles actuels, le Synology DS225+ constitue le point d'entrée à regarder pour un stockage compact à deux baies. Le Synology DS925+ passe à quatre baies et laisse davantage de marge et de possibilités d'évolution.
UGREEN : le choix du matériel et de la liberté
UGREEN a bousculé le marché avec des configurations que les acteurs historiques facturaient beaucoup plus cher. Le DXP4800 Plus que j'ai testé possède quatre baies, deux emplacements M.2, un port 2,5 GbE, un port 10 GbE, de la mémoire évolutive et un processeur capable d'aller au-delà du simple partage de fichiers.
Selon le modèle, UGOS Pro permet d'utiliser Docker, des machines virtuelles, la synchronisation, les applications multimédias et les sauvegardes. C'est un avantage important pour un homelab, un créateur ou quelqu'un qui veut exploiter le matériel au-delà du stockage.

Mon test du NAS UGREEN DXP4800 Plus
Lors de mon test, l'absence de chiffrement était un carton rouge. La fiche officielle du DXP4800 Plus indique maintenant que UGOS Pro prend en charge le chiffrement AES. C'est une évolution majeure, mais je veux encore valider son fonctionnement et son impact sur une machine à jour avant de considérer ce point définitivement réglé dans mon propre usage.
L'écosystème reste plus jeune que DSM. L'interface est accessible et le matériel est excellent, mais Synology possède davantage d'années de recul sur les migrations, la restauration et le maintien des applications.
Je choisirais UGREEN pour le rapport entre puissance, connectique et prix, particulièrement lorsqu'un port 10 GbE, Docker, les machines virtuelles ou une grande quantité de mémoire font partie du besoin.
Le UGREEN DXP4800 Plus reste le modèle quatre baies que je connais le mieux dans cette gamme.
UniFi : le choix de l'intégration et de la simplicité
UniFi Drive se concentre sur le stockage plutôt que sur la création d'un serveur généraliste. Les NAS s'intègrent très proprement dans l'écosystème, avec une interface cohérente, la gestion des utilisateurs, SMB, NFS, Time Machine, le chiffrement et les snapshots.
Le logiciel a beaucoup évolué depuis mon premier test du UNAS Pro. La documentation officielle de UniFi Drive confirme la prise en charge des sauvegardes vers un autre UNAS, un serveur SMB/CIFS et plusieurs services cloud. Cette progression corrige une partie des limites rencontrées lors de mes premières migrations.

Utiliser des disques en 7200 tours ne sera pas suffisant pour avancer avec le UNAS 4
Elle ne modifie pas les performances matérielles que j'ai mesurées. Sur mon test du UNAS 4, les débits avec des disques mécaniques étaient irréguliers et nettement plus lents que sur mon Synology. Pour du stockage familial ou une sauvegarde tranquille, ce n'est pas nécessairement gênant. Pour travailler sur de gros fichiers, ça le devient.
Je ne choisirais pas non plus UniFi dans l'objectif principal d'exécuter de nombreux conteneurs ou machines virtuelles. L'écosystème est conçu comme une appliance de stockage simple et intégrée, pas comme un serveur polyvalent.
Je choisirais UniFi pour un stockage lisible, un second NAS de sauvegarde ou une installation déjà largement équipée par la marque. Pour du montage vidéo en 10 GbE ou plusieurs utilisateurs exigeants, je vérifierais les performances du modèle précis avant de m'engager.
Le UNAS 4 est disponible sur la boutique officielle UniFi. Avant de le choisir, je conseille toutefois de lire mon test complet et de vérifier que ses performances correspondent au volume de données et au réseau prévus.
Quel NAS choisir selon votre profil ?
Pour les sauvegardes de la famille
Un NAS deux baies en RAID 1 suffit souvent. La priorité va à une interface simple, des sauvegardes automatiques, des snapshots et une copie extérieure. Synology, UGREEN et UniFi peuvent répondre au besoin, à condition de vérifier la restauration et pas seulement l'envoi des fichiers.
Pour les photos et les vidéos personnelles
Quatre baies donnent davantage de marge. Le 2,5 GbE devient intéressant et les applications de photos peuvent justifier un processeur plus puissant. Synology garde l'avantage de la maturité logicielle, tandis qu'UGREEN propose généralement un matériel plus généreux.
Pour travailler sur de la vidéo
Il faut viser quatre baies ou davantage, du 10 GbE de bout en bout et des disques capables de fournir un débit soutenu. Le cache NVMe peut aider certains accès, mais il ne corrige pas un processeur trop lent ni une grappe mal dimensionnée.
UGREEN et les Synology correctement équipés sont les premiers candidats. Les petits UNAS restent plus adaptés au stockage et à la sauvegarde qu'à un workflow vidéo exigeant.
Pour Docker, les machines virtuelles et le homelab
La mémoire extensible, l'architecture du processeur et les applications disponibles deviennent prioritaires. UGREEN est particulièrement intéressant sur ce terrain. Certains Synology Plus peuvent également convenir, mais il faut vérifier les caractéristiques du modèle. UniFi n'est pas mon choix pour cet usage.
Pour un second NAS de sauvegarde
La puissance brute compte moins que la compatibilité avec le serveur principal, le chiffrement et la possibilité de restaurer facilement. Le second NAS doit idéalement être installé ailleurs. Deux appareils placés dans la même baie ne protègent ni contre un vol ni contre un sinistre.
Quels disques installer dans un NAS ?
Il faut choisir des disques prévus pour fonctionner en continu et privilégier les modèles CMR destinés aux NAS. Utiliser des capacités et des vitesses de rotation identiques simplifie la grappe et évite qu'un disque plus lent limite les autres.
Les disques à 5 400 tr/min consomment souvent moins et peuvent être plus discrets. Les modèles à 7 200 tr/min offrent davantage de débit, au prix du bruit et de la chaleur. Un NAS installé dans un salon n'a pas les mêmes contraintes qu'un serveur placé dans une baie éloignée.

Les disques durs de 24 TB sont le meilleur rapport quantité/prix
Avant l'achat, il faut aussi vérifier la liste de compatibilité du fabricant. Cette étape est particulièrement importante chez Synology et pour les SSD M.2 utilisés comme cache ou volume.
Dans mes propres serveurs, j'utilise depuis plusieurs années des disques Seagate IronWolf Pro. Il faut malgré tout vérifier la liste de compatibilité du NAS et choisir la capacité en fonction de la grappe complète, pas uniquement du prix d'un disque.
Les points à vérifier avant de commander
- Le volume utilisé aujourd'hui et sa croissance probable.
- La capacité réellement disponible après le RAID.
- Le nombre de pannes de disques que la grappe peut tolérer.
- La vitesse des ports réseau du NAS, du switch et de l'ordinateur.
- La compatibilité exacte des disques et des SSD.
- Le chiffrement des données sensibles.
- Les snapshots et les destinations de sauvegarde disponibles.
- La procédure de restauration après une panne complète.
- Le bruit, la consommation et l'emplacement du NAS.
- La présence d'un onduleur pour éviter une coupure brutale.
Avant de commander, validez votre architecture
Le choix devient plus délicat lorsqu'il faut relier plusieurs NAS, du 10 GbE, des sauvegardes hors site, plusieurs Mac ou un workflow vidéo. Une mauvaise décision sur les baies, le réseau ou les copies peut coûter beaucoup plus cher que le boîtier lui-même.
Si vous avez une problématique précise, vous pouvez utiliser un Appel Déclic de 30 minutes pour cadrer l'architecture, identifier les points de risque et déterminer les décisions à prendre avant de commander le matériel. Il ne s'agit pas de vendre un modèle à tout prix, mais de vérifier que l'ensemble correspond réellement à vos usages.
Conclusion
Synology reste mon choix pour la maturité logicielle et la protection des données. UGREEN est le plus séduisant lorsque le matériel, le 10 GbE et les services avancés comptent. UniFi propose l'expérience la plus cohérente pour du stockage simple dans un environnement déjà équipé par la marque.
La marque ne doit toutefois arriver qu'après les questions essentielles : combien de données, combien de baies, quelle vitesse, quelles sauvegardes et quelle restauration. Un NAS n'est bon que si son architecture permet de retrouver les fichiers le jour où quelque chose se passe mal.
Questions fréquentes avant de choisir un NAS
Combien de baies faut-il pour un NAS ?
Deux baies suffisent à beaucoup de particuliers lorsque le NAS sert aux sauvegardes, aux documents et à une médiathèque raisonnable. Quatre baies donnent davantage de capacité utile et de marge pour évoluer, notamment avec des photos, de la vidéo ou plusieurs ordinateurs. Je réserverais un modèle une baie à une copie secondaire lorsque les données existent déjà ailleurs.
Le RAID remplace-t-il une sauvegarde ?
Non. Le RAID maintient l'accès aux données après la panne d'un disque, mais il ne protège pas contre une suppression, un ransomware, un vol ou un sinistre. Pour les fichiers importants, il faut viser trois copies sur deux supports, dont une copie située ailleurs.
Quel est le meilleur NAS entre Synology, UGREEN et UniFi ?
Je choisirais Synology pour un NAS principal et la maturité de DSM, UGREEN lorsque la puissance, le 10 GbE, Docker ou les machines virtuelles sont prioritaires, et UniFi pour un stockage simple, un second NAS ou une installation déjà largement équipée par la marque.
Faut-il du 2,5 GbE ou du 10 GbE ?
Le Gigabit suffit pour Time Machine, les documents et la plupart des usages multimédias. Le 2,5 GbE apporte un confort sensible sans refaire toute l'installation. Le 10 GbE se justifie surtout pour la vidéo et les gros volumes, à condition que le NAS, les disques, le switch et l'ordinateur puissent suivre.
Quels disques faut-il mettre dans un NAS ?
Je privilégie des disques CMR conçus pour fonctionner en continu, avec des capacités et des vitesses identiques dans une même grappe. Il faut toujours vérifier la compatibilité avec le modèle exact du NAS, particulièrement chez Synology et pour les SSD M.2.
Faut-il choisir un NAS ou le cloud ?
Les deux sont complémentaires. Le NAS apporte la maîtrise, la capacité et de bonnes performances locales. Le cloud peut fournir la copie hors site qui protège contre le vol ou un sinistre. Aucun des deux ne remplace à lui seul une stratégie de sauvegarde complète.