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WWDC26 : Siri AI change tout… sauf en Europe

LoKan Sardari

Apple a enfin présenté le Siri intelligent promis il y a deux ans. Il sait discuter naturellement, retrouver une information perdue dans vos messages, agir dans vos applications et comprendre ce que vous regardez. Apple a même reconstruit toute son intelligence artificielle autour de cinq nouveaux modèles développés avec Google. Le problème, c'est que ce Siri AI ne sortira pas sur les iPhone et les iPad européens.

Dans cette vidéo, on va donc répondre à trois questions simples. Est-ce que vos appareils sont compatibles avec les systèmes 27 ? Est-ce que Siri AI est enfin l'assistant qu'Apple nous avait vendu en 2024 ? Et surtout, est-ce que l'Europe nous protège réellement ou est-ce qu'elle nous prive encore une fois d'une nouveauté importante ?

Je vais aussi revenir sur les améliorations plus discrètes d'iOS 27, iPadOS 27, watchOS 27 et macOS Golden Gate. Parce que derrière le grand spectacle de l'intelligence artificielle, Apple a corrigé beaucoup de choses qui m'agaçaient depuis un an.

Sommaire

Quels iPhone, iPad, Mac et Apple Watch sont compatibles ?

Commençons par la question qui concerne tout le monde : est-ce que votre appareil recevra la mise à jour ? Il faut distinguer la compatibilité avec le nouveau système, la compatibilité avec Apple Intelligence et l'accès à Siri AI. Ce sont trois choses différentes, et une bonne partie de la confusion depuis la keynote vient de là.

iOS 27 conserve tous les iPhone compatibles avec iOS 26

Bonne nouvelle sur iPhone : Apple ne laisse personne de plus sur le bord de la route. iOS 27 fonctionne sur les iPhone 11 et plus récents, ainsi que sur l'iPhone SE de deuxième génération et les modèles suivants. Si votre iPhone fait tourner iOS 26, il pourra donc installer iOS 27.

Ça ne veut pas dire qu'il aura Apple Intelligence. Pour profiter des fonctions d'IA, il faut toujours au minimum un iPhone 15 Pro ou 15 Pro Max, un modèle de la famille iPhone 16 ou un iPhone 17. Un iPhone 11 recevra les optimisations du système et les améliorations de l'interface, mais pas les nouveaux outils intelligents.

iPadOS 27 reste largement compatible

Sur iPad, la mise à jour fonctionne à partir de l'iPad de neuvième génération, de l'iPad mini 6, de l'iPad Air 4, de l'iPad Pro 11 pouces de deuxième génération et de l'iPad Pro 12,9 pouces de quatrième génération. Là encore, Apple Intelligence demande une puce M1 ou plus récente, à l'exception de l'iPad mini équipé de l'A17 Pro.

macOS Golden Gate abandonne définitivement les Mac Intel

Sur Mac, la séparation est beaucoup plus brutale. macOS 27 Golden Gate devient exclusivement compatible avec les Mac Apple Silicon. Il faut un MacBook Air, un MacBook Pro ou un Mac mini sorti à partir de 2020, un iMac Apple Silicon de 2021 ou plus récent, un Mac Studio, un Mac Pro Apple Silicon ou le MacBook Neo.

Les derniers Mac Intel encore acceptés par macOS Tahoe 26 s'arrêtent donc ici. Ce n'est pas une énorme surprise six ans après l'arrivée de la puce M1, mais c'est la fin officielle d'une époque.

watchOS 27 fait un gros ménage

La mauvaise surprise vient de l'Apple Watch. watchOS 27 demande une Apple Watch Series 9, Series 10 ou Series 11, une Apple Watch Ultra 2 ou Ultra 3, ou une Apple Watch SE 3. Les Series 6, 7 et 8 ainsi que la première Apple Watch Ultra restent bloquées sur watchOS 26.

C'est une coupure sévère, d'autant que l'Ultra 1 est encore une montre très performante. Apple semble ici aligner watchOS 27 sur les modèles capables de prendre en charge Apple Intelligence avec l'aide d'un iPhone compatible situé à proximité.

Siri AI est enfin le Siri qu'Apple nous avait promis

Maintenant que les compatibilités sont claires, parlons du vrai sujet. En 2024, Apple nous avait présenté un Siri capable de comprendre notre contexte personnel, de voir ce qui se passe à l'écran et d'agir dans les applications. L'entreprise a ensuite reconnu que cette version n'était pas prête. J'avais consacré une vidéo entière au mensonge d'Apple Intelligence et du nouveau Siri, parce qu'Apple avait commercialisé des iPhone sur la base de fonctions qui n'existaient pas.

Deux ans plus tard, Siri AI reprend cette promesse, mais va nettement plus loin. Ce n'est plus seulement l'ancien Siri avec de meilleures réponses. C'est un assistant conversationnel doté de sa propre application, capable de conserver l'historique d'une discussion et de reprendre une conversation sur un autre appareil.

On peut lui poser des questions ouvertes, demander des idées, approfondir une réponse ou changer de sujet sans reformuler tout le contexte. Sur le principe, ça ressemble davantage à ChatGPT, Claude ou Gemini. La différence est que Siri AI est intégré au système et connaît les données auxquelles vous lui avez donné accès.

Le contexte personnel peut vraiment changer l'usage de l'iPhone

Le cas d'usage le plus intéressant n'est pas de lui demander pourquoi les étoiles brillent. D'autres assistants savent déjà le faire. Le vrai intérêt est de pouvoir dire : « Quel était l'hôtel dont Manon m'a parlé pour San Francisco ? », sans savoir si cette information se trouve dans Messages, Mail, Notes ou une capture d'écran.

Siri AI construit un index sémantique des informations présentes sur l'appareil. Il peut retrouver une ancienne photo, un email profondément enfoui dans la boîte de réception, une note ou un détail reçu dans une conversation. Pendant un appel avec une compagnie aérienne, la fonction Call Context peut automatiquement afficher le numéro de réservation ou le code reçu par email.

C'est exactement la promesse qui m'intéressait dans Apple Intelligence : ne pas ajouter un chatbot de plus, mais rendre utilisables les milliers d'informations déjà stockées dans nos appareils. Apple était très en retard sur la conversation. Elle peut devenir pertinente grâce à son intégration au système.

Siri AI agit enfin dans les applications

Siri AI peut aussi lancer des actions dans Messages, Musique, Rappels, Calendrier et les applications compatibles. Il peut modifier un message, ajouter une chanson entendue dans la voiture à une playlist, créer une note, reprendre un podcast ou ajouter une photo dans un album.

Messages et Mail affichent également des suggestions sous une conversation. Si quelqu'un vous demande de penser à quelque chose, le système peut proposer de créer un rappel ou une note. Dans Raccourcis, il suffit maintenant de décrire une automatisation : « Quand je quitte le travail, envoie mon heure d'arrivée, partage mon itinéraire et lance mon podcast. » L'application assemble ensuite les différentes actions.

Pour les développeurs, le framework App Intents doit permettre d'exposer le contenu et les fonctions de leurs applications à Siri AI. C'est un élément essentiel : si seules les applications Apple fonctionnent correctement, l'assistant sera impressionnant en démonstration, mais beaucoup moins utile dans la vraie vie.

Visual Intelligence et les outils de création progressent

Visual Intelligence peut analyser ce qui est affiché à l'écran ou ce que voit la caméra. Apple ajoute même un mode Siri directement dans l'application Appareil photo. On peut cadrer un produit, une plante ou un plat et poser une question sans commencer par prendre une photo.

Dans Photos, Apple ajoute le recadrage spatial, l'extension d'une image et une version plus puissante de Clean Up pour effacer de gros objets. Image Playground devient capable de générer des images photoréalistes et de modifier une image avec une description. Là encore, ça ne révolutionne pas ce que sait faire l'IA en 2026, mais cette intégration rend ces fonctions accessibles sans installer cinq applications différentes.

Apple Intelligence repose sur cinq nouveaux modèles

C'est l'une des informations importantes apparues après la keynote : Apple Intelligence a été reconstruite autour d'une famille de cinq modèles conçus avec Google. Il ne s'agit donc pas simplement de coller le logo Siri sur Gemini, même si Google fournit une partie essentielle de la technologie. Cette architecture confirme la stratégie que j'évoquais dans mon article sur le partenariat entre Apple, Google Gemini et le futur de Siri.

Deux modèles fonctionnent en local. AFM 3 Core est un modèle dense de trois milliards de paramètres destiné aux tâches courantes. AFM 3 Core Advanced est un modèle multimodal de vingt milliards de paramètres, mais son architecture n'en active qu'entre un et quatre milliards selon la demande. Ses poids restent en partie dans le stockage et sont chargés progressivement en mémoire, ce qui permet à Apple de faire fonctionner un modèle beaucoup plus gros sur du matériel grand public.

Trois autres modèles tournent dans Private Cloud Compute. AFM 3 Cloud gère la majorité des requêtes serveur, ADM 3 Cloud s'occupe de la génération et de l'édition d'images, tandis qu'AFM 3 Cloud Pro prend en charge le raisonnement complexe et les actions impliquant plusieurs outils.

Ce dernier modèle est particulièrement intéressant : Apple utilise des GPU NVIDIA hébergés dans Google Cloud, tout en étendant son architecture Private Cloud Compute pour conserver ses garanties de confidentialité. Autrement dit, Apple reconnaît qu'elle a besoin de Google et de NVIDIA pour rattraper son retard, mais elle essaye de les intégrer sans abandonner son modèle de protection des données.

C'est aussi la raison pour laquelle certaines fonctions demandent du matériel très récent. Le modèle local avancé, utilisé notamment pour les voix plus expressives et une dictée plus précise, nécessite un iPhone 17 Pro, un iPhone 17 Pro Max ou un iPhone Air, un iPad M4 avec au moins 12 Go de mémoire, un Mac M3 avec au moins 12 Go de mémoire ou un Vision Pro M5. Attention : cette limite ne concerne pas tout Siri AI. Les iPhone 15 Pro et les iPhone 16 restent compatibles avec l'essentiel des nouveautés Apple Intelligence en dehors de l'Union européenne.

Apple affirme également ne pas utiliser les données personnelles ni les interactions privées de ses clients pour entraîner ses modèles. Les données d'entraînement proviendraient de contenus publics, sous licence, achetés, open source, issus d'études ou générés synthétiquement.

Pourquoi Siri AI ne sortira pas en Europe

Siri AI sera proposé en bêta et en anglais plus tard dans l'année. Dans l'Union européenne, il sera disponible sur macOS 27 et visionOS 27, mais pas sur iOS 27 ni iPadOS 27. Puisque la version Apple Watch dépend d'un iPhone équipé de Siri AI, elle sera également indisponible chez nous.

En revanche, il faut corriger une information qui circule beaucoup : Apple Intelligence n'est pas entièrement bloqué en Europe. Les nouveaux outils de Photos, Image Playground, les fonctions d'accessibilité et la majorité des améliorations intelligentes seront disponibles en français sur les appareils compatibles. Le blocage concerne spécifiquement Siri AI et les fonctions qui en dépendent sur iPhone, iPad et Apple Watch. Apple Intelligence fonctionne d'ailleurs déjà en français depuis iOS 18.4.

Le DMA veut empêcher Apple de favoriser son propre assistant

Le Digital Markets Act, ou DMA, est un règlement européen destiné à limiter le pouvoir des très grandes plateformes considérées comme des contrôleurs d'accès. iOS et iPadOS entrent dans cette catégorie. L'article 6 impose notamment à Apple d'offrir aux services concurrents un accès équivalent aux fonctions matérielles et logicielles qu'elle utilise pour ses propres produits.

Appliquée à Siri AI, cette règle signifie qu'Apple ne peut pas donner à son assistant un accès profond aux messages, aux fichiers et aux applications tout en refusant par principe des possibilités comparables à Gemini, ChatGPT ou Claude. L'objectif est défendable : éviter qu'Apple utilise son contrôle de l'iPhone pour tuer toute concurrence avant même qu'elle puisse exister.

Le problème de sécurité soulevé par Apple est réel

Siri AI doit pouvoir lire des informations personnelles, modifier des fichiers, envoyer des messages, effectuer des achats et agir dans plusieurs applications. Apple affirme que donner immédiatement ces capacités à n'importe quel assistant tiers créerait un risque majeur. Une IA compromise ou manipulée pourrait récupérer des mots de passe, supprimer des photos ou exécuter des actions sans que l'utilisateur comprenne ce qui vient de se passer.

L'entreprise avait proposé un intermédiaire appelé Trusted System Agent. Cette couche système devait permettre aux assistants concurrents d'accéder aux mêmes fonctions, mais en passant par les contrôles de sécurité d'Apple. Apple proposait de lancer Siri AI puis de déployer cette solution progressivement sur dix-huit mois. D'après Apple, la Commission européenne a refusé toutes les propositions.

Apple défend aussi son avantage concurrentiel

Il faut néanmoins prendre du recul. Pour l'instant, nous avons surtout entendu la version d'Apple. Le DMA n'ordonne pas littéralement de donner à n'importe quelle application un accès illimité à toutes les données. Le texte permet aux plateformes d'appliquer les protections strictement nécessaires et proportionnées pour préserver l'intégrité du système.

Apple soulève donc un vrai problème de sécurité, mais elle protège aussi un avantage concurrentiel gigantesque. Si Siri devient le seul assistant capable d'agir partout dans l'iPhone, aucun concurrent ne pourra proposer une expérience équivalente. La confidentialité sert parfois de principe sincère chez Apple et parfois de très bon argument pour conserver le contrôle. Les deux peuvent être vrais en même temps.

De son côté, la Commission serait irresponsable si elle exigeait une ouverture immédiate sans accepter de période de transition pour une technologie aussi sensible. Mais Apple utilise aussi l'absence de Siri AI comme moyen de pression politique : les utilisateurs européens sont privés de la nouveauté et leur frustration doit pousser Bruxelles à assouplir son interprétation.

Le DMA n'a donc pas « interdit » Siri AI. Apple a choisi de ne pas le lancer tant qu'elle ne dispose pas d'une solution qu'elle juge acceptable. La nuance est importante. La situation ressemble moins à une Europe technophobe face à une entreprise innocente qu'à un bras de fer entre un régulateur parfois rigide et une plateforme qui ne veut pas abandonner son contrôle.

iOS 27 corrige enfin les fondations d'iOS 26

Si on enlève Siri AI, les versions 27 ressemblent à des mises à jour d'optimisation. Et c'est une excellente nouvelle. Après une semaine avec les premières bêtas d'iOS 26, iPadOS 26 et watchOS 26, j'appréciais la direction de Liquid Glass, mais il restait beaucoup d'incohérences et de problèmes de lisibilité.

Apple annonce des lancements d'applications jusqu'à 30 % plus rapides, l'apparition des nouvelles photos dans la photothèque jusqu'à 70 % plus rapide et des transferts AirDrop jusqu'à 80 % plus rapides. Il faut évidemment insister sur « jusqu'à » : Apple a obtenu ces résultats dans des scénarios précis, avec des appareils et des volumes de données choisis pour les tests.

Le test des applications a été effectué sur un iPhone 11 Pro Max après de nombreux cycles d'utilisation. Celui de Photos utilisait un iPhone 15 et une photothèque de 50 000 éléments. AirDrop a été mesuré sur un iPhone 16 Plus avec plusieurs photos représentant seulement 30 Mo. Ce ne sont donc pas des promesses de doubler toutes les performances de votre iPhone, mais le fait qu'Apple travaille sur un ancien iPhone est plutôt rassurant.

Le système améliore également le passage entre WiFi et réseau cellulaire, le classement des résultats dans Mail et l'ordonnanceur du processeur. Spotlight et les index de recherche ont été profondément revus, ce qui sert autant la rapidité générale que la capacité de Siri AI à retrouver une information.

Liquid Glass devient plus cohérent et enfin réglable

Apple a entendu les critiques sur Liquid Glass. La réfraction devient plus uniforme, le contraste est renforcé, les icônes sont plus nettes et un curseur permet de choisir l'intensité de la transparence, d'un rendu très clair à une interface fortement teintée.

Sur Mac, les barres d'outils deviennent plus uniformes, les barres latérales occupent toute la hauteur et les fenêtres partagent enfin le même rayon de courbure. Ça peut sembler dérisoire, mais macOS est justement apprécié pour cette rigueur. Quand toutes les applications ressemblent à des prototypes différents, l'expérience perd une partie de ce qui fait l'intérêt du Mac.

Parmi les petites améliorations réellement utiles, les albums partagés iCloud acceptent enfin les photos en pleine résolution et deviennent plus accessibles depuis Android ou Windows. Les AirPods gagnent un égaliseur simple pour régler les graves, les médiums et les aigus. Safari peut surveiller une page et prévenir lors d'une baisse de prix ou d'un retour en stock. L'application Mots de passe peut même proposer de remplacer automatiquement certains mots de passe compromis.

L'application Maison gagne également des fonctions d'Apple Intelligence pour regrouper les notifications, résumer une séquence enregistrée et retrouver une vidéo en décrivant ce qui s'est passé. Surtout, les caméras compatibles pourront enfin diffuser et enregistrer en HomeKit Secure Video 4K, alors que le système était jusqu'ici limité au 1080p. C'est une évolution importante pour les installations HomeKit Secure Video, même si elle demandera une caméra compatible et un abonnement iCloud+.

Les nouveautés annoncées après la keynote

Apple a publié ce mardi une seconde vague d'annonces consacrée à ses services. Localiser permet de partager temporairement sa position pendant quelques minutes, quelques jours ou jusqu'à une date précise, puis de mettre ce partage en pause jusqu'à la fin de la journée. Wallet peut transformer une carte physique munie d'un code-barres ou d'un QR code en carte numérique utilisable sur l'iPhone et l'Apple Watch.

Apple Podcasts étend la vidéo au Mac et à l'Apple TV, avec les transcriptions, les chapitres et le mode Image dans l'image. Apple Music apporte AutoMix au HomePod et à tvOS, tandis que l'Apple TV 4K pourra transmettre du son Hi-Res Lossless à une installation audio compatible. Ce ne sont pas les annonces les plus importantes de la WWDC, mais elles complètent utilement les systèmes 27.

iPadOS, macOS et watchOS gagnent quelques bonnes idées

iPadOS 27 améliore surtout ce qu'iPadOS 26 avait commencé

iPadOS 26 avait été le grand gagnant de la WWDC25, avec un véritable système de fenêtres et une approche beaucoup plus proche du Mac. Cette année, Apple consolide ces fondations. Les applications iPhone deviennent redimensionnables sur iPad, ce qui devrait enfin éviter ces immenses interfaces verticales perdues au milieu de l'écran.

L'application Fichiers améliore les copies et la navigation sur les supports externes. Apple annonce jusqu'à cinq fois plus de rapidité sur un iPad Pro M4 connecté à un SSD USB 4 et manipulant 10 000 images JPEG. C'est un scénario très favorable, mais il montre qu'Apple prend enfin au sérieux les usages professionnels du stockage externe.

macOS Golden Gate soigne les détails du quotidien

Sur Mac, Apple améliore AirDrop, la navigation dans les fichiers réseau, le chargement de la page de démarrage de Safari et les suggestions de Spotlight. macOS 27 sait aussi conserver correctement la disposition des écrans après leur reconnexion et prend en charge des écrans ultralarges jusqu'en 5K à 120 Hz.

Ce ne sont pas des fonctions très spectaculaires dans une keynote. Mais pour quelqu'un qui utilise son Mac toute la journée, un réseau plus rapide, une recherche fiable et des écrans qui reviennent exactement à leur place ont davantage de valeur qu'une nouvelle animation.

watchOS 27 dépend beaucoup trop de Siri AI

watchOS 27 ajoute une grille d'applications dynamique qui met en avant les applications récentes et suggérées par Siri. Un nouveau geste permet de toucher une fois l'index et le pouce pour ouvrir un widget de la Smart Stack. Localiser regroupe enfin les personnes, les appareils et les objets dans une seule application.

Workout Buddy fonctionne maintenant sans avoir l'iPhone dans la poche et gagne de nouvelles analyses sur l'allure, la distance et la durée. Le suivi des courses sur tapis doit également devenir plus précis. Mais une grande partie de l'intérêt annoncé repose sur Siri AI, qui sera absent des montres européennes puisqu'il nécessite un iPhone compatible situé à proximité.

Entre cette limitation et l'abandon de montres encore récentes, watchOS 27 est probablement le système qui me convainc le moins sur le papier. Je vais évidemment l'utiliser et le tester avant de l'enterrer, mais Apple ne lui donne pas beaucoup de chances.

La sécurité des enfants est la nouveauté la moins sexy, mais peut-être la plus utile

J'hésitais à parler de la partie consacrée aux enfants, mais elle mérite au moins un chapitre court. Apple revoit complètement les contrôles parentaux, qui étaient puissants sur le papier mais pénibles à comprendre et trop grossiers dans la pratique.

Les parents peuvent choisir les applications système disponibles dès la configuration, fixer des durées par catégorie et créer des plannings différents selon les jours et les heures. On peut par exemple autoriser uniquement les outils éducatifs pendant l'école, ouvrir davantage d'applications après les devoirs et définir une règle différente le week-end.

Ask to Browse oblige l'enfant à demander une autorisation avant de consulter un nouveau site. Le parent reçoit la demande dans Messages, peut regarder le site, puis l'accepter ou le refuser. Communication Safety intervient désormais avant l'affichage d'images ou de vidéos contenant de la nudité, mais aussi du sang ou de la violence.

Enfin, les réglages proposent des actions immédiates beaucoup plus simples, dont un bouton pour mettre en pause l'utilisation des appareils. C'est typiquement le genre de nouveauté qui ne fera acheter aucun iPhone, mais qui peut réellement améliorer la vie quotidienne d'une famille.

Mon avis sur cette WWDC26

Sur le papier, Siri AI est la meilleure réponse qu'Apple pouvait apporter après le fiasco de 2024. L'assistant n'essaye pas seulement de devenir un autre ChatGPT. Il utilise la conversation, le contexte personnel et les actions dans les applications pour réduire les frictions dans tout l'écosystème.

La nouvelle architecture est également plus crédible. Apple ne prétend plus tout faire seule. Elle utilise ses propres modèles, travaille avec Google, s'appuie sur des GPU NVIDIA et étend Private Cloud Compute pour essayer de conserver son avantage sur la confidentialité. C'est pragmatique et beaucoup plus honnête techniquement.

Mais Apple n'a encore rien gagné. Siri AI arrivera en bêta, d'abord en anglais, après deux années de retard. Les utilisateurs européens n'auront pas accès à sa version iPhone, iPad et Apple Watch, sans aucun calendrier. Et nous avons déjà vu Apple présenter des démonstrations convaincantes avant de reconnaître que le produit n'était pas prêt.

Je suis donc enthousiaste sur les usages et prudent sur la livraison. Pour les utilisateurs européens, la vraie nouveauté de cette année sera peut-être moins Siri AI que l'amélioration des performances, la correction de Liquid Glass et toutes les petites optimisations des systèmes 27.

Je vais continuer à tester iOS 27 et watchOS 27 avant de vous partager mes premiers retours jeudi. D'ici là, dites-moi dans les commentaires ce que vous pensez du blocage européen : est-ce que le DMA nous protège d'un écosystème trop fermé ou est-ce que la Commission va trop loin au point de nous priver d'innovations importantes ?

Sources

LoKan Sardari
Auteur de l'article

LoKan Sardari

Créateur de contenu indépendant depuis 2006, je décortique l'univers Apple et la Tech avec une obsession : l'usage réel, sans compromis ni langue de bois.
Ultralearner, je partage ici mes découvertes et mes passions, avec la volonté sincère d'aider ma communauté.
Entre deux tests, je casse des barres ou je cours des marathons, pour gagner quelques badges et analyser de la data.

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