Je voulais surtout trouver une bonne raison de me débarrasser de l'accessoire le plus moche de mon setup audio : la griffe MI du DJI Mic 3. Elle place le récepteur à l'envers sur mon Sony Alpha 1 II et, après presque un an à la regarder, je ne m'y fais toujours pas.
J'ai donc acheté un Rode Lavalier GO, ressorti mon DJI Mic 2 et tourné une vidéo entière en alternant trois configurations. Le but n'était pas de comparer des fichiers bruts dans un laboratoire, mais de savoir avec quel micro je pouvais produire le meilleur résultat dans mon vrai workflow.
TL;DR : je garde le DJI Mic 3
- Le DJI Mic 3 donne le rendu que je préfère : ma voix me semble plus chaleureuse, plus ronde et plus profonde.
- Le DJI Mic 2 seul arrive dernier : je le trouve métallique, avec un niveau trop faible qui me demande environ 6 dB de correction, parfois davantage.
- Le Rode Lavalier GO branché au DJI Mic 2 est propre et discret, avec un niveau correct, mais il ne donne pas à ma voix la même présence que le Mic 3.
- Le Mic 3 conserve aussi l'avantage technique avec le Lossless, une portée supérieure et davantage de stockage interne. Sa griffe est affreuse, mais elle allume et éteint bien le récepteur avec la caméra.
Ce verdict reste celui de ma voix, de mon Sony Alpha 1 II et de mon traitement habituel. Le meilleur moyen de vous faire un avis consiste à écouter la vidéo avec votre propre téléphone, ordinateur ou système d'enceintes.
Les trois produits testés
Le comparatif oppose le DJI Mic 2 seul, le même DJI Mic 2 avec un Rode Lavalier GO branché sur son entrée 3,5 mm, puis le DJI Mic 3 seul. Les widgets ci-dessous reprennent les trois offres suivies. Les prix et le contenu des packs peuvent évoluer, il faut donc les vérifier au moment de l'achat.
DJI Mic 3, DJI Mic 2 et Rode Lavalier GO
Ce test n'est pas sponsorisé. J'avais déjà acheté les deux générations de DJI Mic et j'ai acheté le Lavalier GO spécialement pour cette comparaison. Les liens ci-dessus sont affiliés : le prix ne change pas pour vous et leur utilisation finance directement les achats de matériel et les tests indépendants publiés sur le site.
Pourquoi comparer le DJI Mic 3, le Mic 2 et un lavalier ?
Quand j'ai publié mon test du DJI Mic 2 en 2024, j'appréciais sa boîte, son enregistrement local et la simplicité générale du système. J'écrivais même que l'argent économisé face au nouveau modèle pouvait être investi dans un micro lavalier. Il était temps de vérifier cette idée pour de bon.
Le DJI Mic 3 a ensuite remplacé le Mic 2 dans toutes mes vidéos. Mon premier test du Mic 3, tourné au moment de son achat à New York, était surtout une prise en main. Après presque un an d'usage, je connais maintenant très bien son rendu, ses qualités et le défaut qui m'agace à chaque tournage : son adaptateur Sony MI retourne le récepteur sur la caméra. C'est fonctionnel, mais c'est juste dégueulasse.
Le Rode Lavalier GO représentait donc une porte de sortie crédible. Il pouvait rendre le micro presque invisible, donner une image plus soignée et remettre mon ancien DJI Mic 2 au travail. S'il produisait également une meilleure voix, le débat était terminé.
Un test en usage réel, pas un fichier brut
J'ai commencé au bord d'un canal près de Lille, avec un peu de vent, des oiseaux, des pas et quelques personnes autour de moi. J'ai ensuite poursuivi dans un environnement calme. Pour chaque plan, le son transmis par le récepteur arrive directement dans le Sony Alpha 1 II par la griffe MI numérique.
Je n'ai pas utilisé les fichiers de secours enregistrés dans les émetteurs en 32 bits à virgule flottante. J'ai travaillé comme sur mes autres vidéos, avec Voice Isolation, Loudness et une correction de niveau adaptée à chaque prise. L'objectif n'est donc pas de savoir quel micro livre le plus beau fichier brut, mais lequel me permet d'obtenir le meilleur résultat final sans changer ma manière de produire.
Le passage consacré au vent doit être pris pour ce qu'il est : un essai de terrain imparfait. Le vent change entre les prises et le DJI Mic 3 bénéficie de sa bonnette alors qu'il souffle moins fort. Je n'en tire donc aucun classement sérieux sur la résistance au vent.
DJI Mic 2 vs DJI Mic 3 : les différences importantes
| Caractéristique |
DJI Mic 2 |
DJI Mic 3 |
| Transmission sans fil |
2,4 GHz |
2,4 et 5 GHz avec saut automatique |
| Portée maximale annoncée |
160 m en CE, 250 m en FCC |
400 m avec 2 émetteurs et Lossless désactivé |
| Audio Lossless |
Non |
Oui, 48 kHz/24 bits non compressé entre émetteur et récepteur |
| Portée avec Lossless |
Non applicable |
200 m avec 2 émetteurs |
| Enregistrement interne 32-bit float |
Oui, jusqu'à 11 heures |
Oui, jusqu'à 43 heures en fichier unique |
| Stockage par émetteur |
8 Go |
32 Go |
| Entrée micro externe 3,5 mm |
Oui, compatible avec le Lavalier GO |
Non |
| Audio via griffe Sony MI |
Numérique, 48 kHz/24 bits sur 2 canaux dans mon Alpha 1 II |
Numérique, 48 kHz/24 bits, jusqu'à 4 canaux sur un Sony compatible |
| Alimentation du récepteur par la griffe |
Oui |
Oui |
| Allumage avec la caméra via la griffe |
Non. La synchronisation existe via le câble jack |
Oui, après activation du réglage |
| Autonomie annoncée des émetteurs |
6 heures |
8 heures |
| Poids d'un émetteur |
28 g |
16 g avec aimant |
Les portées sont des maxima annoncés par DJI, mesurés sans obstacle ni interférence. Le Mic 3 tombe à 80 m dans le scénario de forte interférence simulé par DJI. Ces chiffres ne décrivent pas une distance garantie dans la rue, un salon ou un bâtiment.
Le 32-bit float et le Lossless ne servent pas à la même chose
Le 32-bit float concerne les fichiers enregistrés localement dans chaque émetteur. Il offre une énorme marge pour relever ou baisser un niveau en postproduction, mais ce n'est pas de la magie : une capsule ou un étage analogique réellement saturé ne peut pas être réparé. Dans ce comparatif, ces fichiers internes sont volontairement laissés de côté.
Le transfert diffère également. Un émetteur Mic 2 se branche directement en USB-C à l'ordinateur. Le Mic 3 n'a pas de port USB-C standard : il faut utiliser son câble magnétique, le placer dans le boîtier relié à l'ordinateur ou passer par DJI Mimo. Le boîtier n'est donc pas strictement obligatoire, mais il reste un accessoire de plus à prévoir dans mon workflow.
Le Lossless du DJI Mic 3 concerne la liaison sans fil. Une fois activé, l'émetteur envoie au récepteur un signal non compressé en 48 kHz/24 bits. Cette qualité supplémentaire a un coût : avec deux émetteurs, la portée maximale annoncée passe de 400 à 200 m. Pour un vlog où je reste à quelques mètres de la caméra, la différence de portée compte assez peu.
La griffe MI change vraiment le workflow
Les deux systèmes envoient un signal numérique au Sony par leur adaptateur MI respectif, et la caméra peut alimenter leur récepteur. Le comportement n'est pourtant pas le même. Avec l'adaptateur numérique du Mic 2, le récepteur ne s'allume pas et ne s'éteint pas avec la caméra. Cette synchronisation existe lorsque le Mic 2 est relié en jack, mais on repasse alors par une liaison analogique et, sur mon Alpha 1 II, par un enregistrement 48 kHz/16 bits.
Le Mic 3 reste en 48 kHz/24 bits sur la griffe et suit l'allumage du boîtier après activation de l'option. C'est nettement plus confortable. Son adaptateur se branche toutefois sous le récepteur par USB-C et oblige à le monter à l'envers. Techniquement, le Mic 3 gagne. Esthétiquement, c'est un enfer.
Pourquoi ajouter un Rode Lavalier GO au DJI Mic 2 ?
Le DJI Mic 2 possède une entrée TRS 3,5 mm que le Mic 3 a perdue. Le Rode Lavalier GO utilise précisément ce connecteur, avec une petite capsule omnidirectionnelle de 4,5 mm. Il suffit donc de le brancher au transmetteur, de cacher le boîtier dans une poche et de ne laisser apparaître que la petite capsule sur le vêtement.
Sur le papier, tout semble aller dans le bon sens. Le lavalier est plus discret, sa capsule est placée plus haut et elle ne partage pas son petit boîtier avec une batterie et toute l'électronique de transmission. Avec les offres relevées pour ce test, le duo Mic 2 et Lavalier GO reste moins cher que le Mic 3. Dans mon cas, le calcul est encore plus tentant : je possédais déjà le Mic 2, donc l'expérience ne me coûtait que le lavalier.
Il reste des compromis. Il faut gérer un câble et une pince que je sens davantage sur le vêtement. À l'inverse, les aimants DJI sont puissants et le poids du transmetteur ne me gêne pas vraiment. Surtout, un montage plus discret ne garantit pas automatiquement une voix que je vais préférer au montage.
Résultat du test : ce que j'entends après montage
DJI Mic 2 seul : métallique et trop faible
C'est le résultat le plus simple à départager. Le DJI Mic 2 seul produit une voix que je trouve métallique, avec un niveau nettement plus faible que les deux autres configurations. Je dois récupérer environ 6 dB sur la plupart des plans, parfois davantage, avant même d'arriver à un niveau comparable.
Le traitement permet de rendre le plan exploitable, mais il ne transforme pas le caractère du micro. Face au Mic 3, l'ancienne génération paraît clairement dépassée avec ma voix et mes réglages.
DJI Mic 2 avec Lavalier GO : propre, discret, mais moins chaleureux
C'est ici que j'attendais la surprise. Le signal est propre, le niveau est correct et la petite capsule donne immédiatement une image plus soignée qu'une grosse bonnette DJI au milieu du torse. Le Lavalier GO remplit donc parfaitement sa promesse de discrétion.
En revanche, je trouve ma voix moins chaleureuse, moins ronde et moins profonde. Ce n'est pas un mauvais son et ce n'est certainement pas une conclusion universelle sur ce micro. C'est simplement un rendu que j'aime moins sur ma propre voix, après le traitement que j'applique réellement à mes vidéos.
DJI Mic 3 : le rendu le plus facile à garder
Le DJI Mic 3 me rend la voix que je connais depuis presque un an. Elle me semble plus pleine et plus agréable, sans avoir à lutter autant sur le niveau. C'est la configuration qui résiste le mieux à mon usage réel, et c'est finalement le seul critère qui compte ici.
Je peux aussi cacher l'émetteur à l'intérieur du t-shirt grâce à son aimant, puis masquer le logo visible avec un petit morceau de ruban adhésif. Ce n'est pas aussi élégant qu'un vrai lavalier, mais cela réduit suffisamment le problème visuel sans sacrifier le rendu que je préfère.
Conclusion : je garde le DJI Mic 3 malgré sa griffe moche
Je suis parti à Lille sans connaître la réponse. J'espérais sincèrement que le Lavalier GO me donnerait une bonne raison de ressortir le Mic 2 et d'abandonner cette griffe MI que je déteste. Perdu, ce ne sera pas pour cette fois.
Le DJI Mic 2 seul termine dernier. Le duo DJI Mic 2 et Rode Lavalier GO reste la solution la plus discrète, la moins chère et une option parfaitement propre. Mais pour ma voix, mon boîtier et ma manière de monter, le DJI Mic 3 produit le meilleur résultat. Je garde donc le micro, la chaleur de sa voix et, malheureusement, cette griffe flash absolument horrible.
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DJI Mic 3, DJI Mic 2 et Rode Lavalier GO
Sources techniques