Sur un NAS Synology, le Storage Pool est la couche qui regroupe les disques et définit leur protection, par exemple en SHR, RAID 5 ou RAID 6. Un volume est ensuite créé dans ce pool pour accueillir le système de fichiers, les dossiers partagés, les paquets et les données.
Mise à jour du 14 septembre 2026 : cet article distingue maintenant clairement disques, pool, RAID et volume. Il replace aussi ma configuration de 2024 dans son contexte : c’était une expérience de migration, pas une recette universelle.
En bref
Un seul grand pool est le choix le plus simple pour la majorité des NAS domestiques. Plusieurs pools deviennent utiles lorsque les disques doivent avoir une protection, une technologie ou un rythme de travail réellement différents. Ils permettent d’isoler physiquement les charges et les risques, mais réduisent la souplesse de capacité.
Créer plusieurs volumes dans un même pool ne produit pas la même séparation. Les volumes partagent toujours les mêmes disques et donc les mêmes performances et le même domaine de panne.
Disques, pool, RAID et volume : les quatre couches
Les disques sont le matériel. Le Storage Pool regroupe un ou plusieurs de ces disques. La configuration SHR ou RAID détermine comment les données et la redondance sont réparties. Le volume utilise ensuite l’espace disponible du pool avec un système de fichiers comme Btrfs ou ext4 selon le NAS et la configuration.
Enfin, les dossiers partagés vivent dans le volume. Deux dossiers partagés ne sont donc pas deux volumes, et deux volumes ne sont pas automatiquement deux groupes de disques. Cette hiérarchie explique une grande partie des erreurs de dimensionnement.
Pourquoi créer plusieurs Storage Pools ?
La première raison est la différence de matériel. Un pool de disques durs peut stocker des archives et des fichiers volumineux, tandis qu’un pool de SSD peut servir à des machines virtuelles ou des bases de données sensibles à la latence. Depuis DSM 7, un pool est créé uniquement avec des SSD ou uniquement avec des disques durs, ce qui renforce cette séparation.
La deuxième raison est la protection. Un pool principal peut utiliser SHR-2 ou RAID 6 pour tolérer deux pannes de disque, tandis qu’un pool secondaire moins critique peut choisir SHR-1. Ce choix doit correspondre au risque et à la capacité, pas à une règle automatique. Un NAS de deux baies, un serveur de huit baies et une archive vidéo de 100 To n’ont pas le même compromis.
La troisième raison est l’isolation des entrées et sorties. Une sauvegarde qui écrit sur un disque séparé ne sollicite pas les mêmes plateaux qu’un partage de fichiers. Cela peut stabiliser les performances. Cette séparation ne garantit toutefois pas un débit maximal permanent : le processeur, la mémoire, le réseau et les autres services du NAS restent partagés.
Plusieurs pools ou plusieurs volumes ?
Plusieurs volumes dans un même pool sont utiles pour appliquer des quotas, séparer certaines applications ou organiser l’administration. Ils conservent la souplesse d’un espace physique commun. En revanche, ils n’isolent ni l’usure des disques ni le risque de perte du pool.
Plusieurs pools isolent réellement les disques. L’inconvénient est qu’un téraoctet libre dans un pool ne peut pas être prêté instantanément à un autre. Avant de découper un NAS, il faut donc estimer la croissance de chaque usage et accepter qu’une partie de la capacité puisse rester inutilisée.
Mon exemple de 2024
Lors de ma migration du Synology DS1821+ vers le UniFi UNAS Pro, j’ai profité de l’effacement du Synology pour tester une organisation différente. Quatre disques de 24 To formaient le pool principal destiné aux fichiers. Un disque de 12 To séparé servait de pool de sauvegarde pour le MacBook Pro. Les baies restantes permettaient d’envisager un autre groupe, notamment en SSD.
Cette configuration rendait la démonstration très claire : le pool de sauvegarde travaillait indépendamment du pool de fichiers. Elle ne doit pas être copiée sans réflexion. Un seul disque ne tolère aucune panne et le RAID du pool principal ne remplace pas une sauvegarde. Mon article sur la migration du Synology vers l’UNAS Pro replace cette expérience dans son déroulé complet.


Cache SSD ou pool SSD ?
Un cache SSD et un pool SSD ne répondent pas au même besoin. Le cache accélère certains accès à des données qui restent sur le pool de disques durs. Il peut être utile pour des petites lectures répétées ou des services très sollicités. Un pool SSD stocke directement les données sur les SSD et offre un comportement plus prévisible pour une machine virtuelle ou une base de données.
Qualifier le cache de bricolage, comme le faisait l’ancienne version, était trop catégorique. La bonne question est de savoir si la charge profite réellement d’un cache ou exige un stockage SSD dédié.
Choisir SHR, SHR-2 ou un RAID classique
SHR simplifie l’évolution avec des disques de tailles différentes sur les modèles compatibles. SHR-1 tolère la panne d’un disque. SHR-2 en tolère deux et demande au moins quatre disques. Les RAID 5 et RAID 6 apportent respectivement une ou deux parités avec des règles plus classiques.
La redondance maintient le service après une panne, mais elle ne protège ni d’une suppression, ni d’un ransomware, ni d’un incendie, ni d’une erreur de configuration. Un RAID n’est jamais une sauvegarde. Pour dimensionner l’ensemble, mon guide quel NAS choisir en 2026 compare les baies, la capacité, le réseau et les écosystèmes Synology, UGREEN et UniFi.
Planifier avant de créer
La création ou la suppression d’un pool peut effacer les données des disques concernés. Certaines évolutions sont possibles dans DSM, mais passer d’une architecture à une autre exige souvent une copie externe et une reconstruction. Il vaut donc mieux dessiner les couches avant de remplir le NAS.
Notez pour chaque usage sa capacité actuelle, sa croissance, son niveau de protection, son besoin de performance et sa sauvegarde. Si deux usages obtiennent les mêmes réponses, ils ont probablement intérêt à partager le même pool.
Mon conseil
Commencez avec un seul pool protégé et un volume Btrfs lorsque le modèle le permet. Multipliez les pools seulement pour séparer des disques, des protections ou des charges réellement différentes. La simplicité reste une qualité, surtout le jour où un disque tombe en panne.
La création et les contraintes d’un pool sont détaillées dans la documentation officielle de Synology DSM 7.